Planète Sport. En Grande-Bretagne, le rugby au service des identités nationales

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Bien connue des adeptes du tournoi des Six Nations, la rivalité entre Anglais, Écossais, Gallois et Irlandais a marqué l’histoire du rugby. Aujourd’hui encore, la fierté nationale de chaque peuple britannique s’exprime avec la plus grande ferveur autour du ballon ovale.

Planète Sport, le rendez-vous de l’été qui explore les sujets à la lisière entre le sport et la politique, nous emmène aujourd'hui au Royaume-Uni. Quoi de plus beau et émouvant que l’hymne écossais, Flower Of Scotland repris en chœur par le public d’Edimbourg ? Ce frisson, tous les rugbymen internationaux qui ont un jour foulé la pelouse de Murrayfield, ont pu le ressentir. C’est le cas de Benjamin Kayser, ancien talonneur du XV de France, aux 37 sélections.

"On ressent la fierté écossaise, les guerres ancestrales de ce petit pays de guerriers qui a envie de se bagarrer contre les grandes nations, raconte-t-il. C'est des moments comme celui-là qui me font vibrer, dont on se souvient souvent mieux que du match lui-même. Ce moment a cappella de Flower Of Scotland, c’est vraiment quelque chose d’hyper fort."

À Cardiff, c’est un autre chant, Land of my father, qui donne lieu à la même ferveur populaire. Pourtant ces hymnes n’ont aucun caractère officiel, car rappelons-le, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord font partie, avec l’Angleterre, du même pays : le Royaume-Uni.

Maintenir l'union nationale

Mais au rugby, comme au foot, chaque nation britannique possède sa propre équipe nationale, et son propre drapeau. Cette particularité visait au départ à permettre à chaque identité d’exister, sans mettre en danger l’unité du royaume. Certains vont même jusqu’à dire que s’il n’y avait pas le sport, la volonté d’indépendance des Écossais notamment, pourrait s’exprimer de façon beaucoup plus radicale.

Mais pourquoi la rivalité historique entre les quatre nations est-elle particulièrement forte dans le rugby ? Pour Jon Henley, correspondant anglais du Guardian à Paris, c'est peut-être parce que le rugby est "le sport où historiquement l’équipe d’Angleterre n’a pas toujours été la force dominante qu’elle est aujourd’hui. Dans les années 70, c’était le Pays de Galles, indique le journaliste. Et l’Angleterre n’a jamais été à l’abri d’une défaite contre l’Ecosse ou les Irlandais, évidemment, qui ont aussi une équipe extrêmement forte."

Pour les pays ‘périphériques’, le rugby est vraiment leur possibilité de prendre leur revanche.

Jon Henley

à franceinfo

Cet esprit de revanche demeure aujourd’hui encore la plus belle des motivations pour l’Ecosse, les Pays de Galles et l’Irlande. Comme l'explique si bien le groupe gallois : perdre contre la France, l'Ecosse, ou l'Irlande, pourquoi pas... L’honneur est sauf du moment qu’on bat les Anglais !

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