Bombay invente les bidonvilles verticaux

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A Bombay, 60% des habitants vivent dans des bidonvilles. Mais la capitale économique de l’Inde voudrait raser tous ses fameux "slums": des quartiers entiers de taules, de plastique et de tissus sont détruits par les promoteurs, leurs occupants recasés dans des barres d’immeubles bas de gamme. Plus d’un million de personnes ont déjà été déplacées.

 Pour arriver à leurs fins, les promoteurs promettent de reloger gratuitement les habitants des bidonvilles, du moins ceux installés avant 1995. Exemple, Golibar, un quartier où vivent 26.000 familles. Les travaux ont commencé en 2004. Autre exemple : Lallubhaï, érigé en 2008 où 50.000 familles sont relogées.

Les familles, quelque soit leur ampleur, sont relogées dans 29 m2 réglementaires ; l'espace est parfois transformé en épicerie, en école ou même en mosquée.

69 barres de béton ont été érigées dans le quartier de Lallubhai, des constructions bâties à moindre coût.

(© Géo Giulio Di Sturco.)

Ces déplacements en périphérie de la ville entraînent la fin des activités artisanales. A la place, les gens en sont réduits à des activités de services mal payés.

Un business lucratif pour les promoteurs et les investisseurs mondiaux

"Il existe une forte spéculation, la valeur de certains appartements construits a été multipliée par 4 en moins de 10 ans", raconte Thomas Saintourens, le reporter du magazine Géo.

(Des penthouses à dix millions d'euros ont poussé sur les taudis. © Géo Giulio Di Sturco.)

Légalement, le promoteur doit recueillir 70% des assentiments auprès des habitants de la parcelle, " La corruption s’est généralisée" , explique Thomas Saintourens.

Des bidonvilles verticaux, l’exemple est repris maintenant dans d’autres villes indiennes et critiqué par de nombreux urbanistes pour qui la vraie solution serait d’apporter eau, électricité et transports aux habitants.

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