Tunisie : un livre pour l'histoire

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C’était il y a un peu plus de 9 mois, le 14 janvier dernier. En début d’après-midi, ce vendredi là, le dictateur croit pouvoir encore garder le pouvoir. Il décrète l’état d’urgence, change de premier ministre et annonce des élections mais finalement, il s’enfuit.

C’est l’un des récits de ce livre avec pour cette seule journée ce titre évocateur : "Le jour le plus court du monde".

Ce dimanche 23 octobre, nouvelle étape. Les tunisiens vont désigner librement les députés chargés d’écrire, dans l’année qui vient, la nouvelle constitution.

Toutes les photos de janvier montrent alors les mêmes visages : des cris de colère, de la détermination, mais aussi des sourires, et l’incrédulité quand la nouvelle se répand. Leïla raconte : "Il paraît que nous étions quelques milliers Avenue Bourguiba, moi j’ai l’impression que nous étions des millions."

Si cet ouvrage de 240 pages est remarquable, c’est parce qu’il rassemble justement, à la manière d’une mosaïque, tout ce qu’il faut savoir sur ces journées.

17 décembre 2010, dans une bourgade comme l’on dit "perdue", un vendeur ambulant s’immole par le feu parce qu’on l’empêche tout simplement de faire son travail.

Nous sommes à Sidi Bouzid. Et puis, inexorablement, une ville puis encore une autre. Le 31 décembre par exemple les avocats sont dans la rue à Sfax, Tunis, ou Djerba. Sur l’un des tee-shirts de la révolution on peut lire cette supplique : "Tunisie libre, Tunisie unie". En arabe, en français, en anglais, dans l’objectif des photographes qui arrivent du monde entier et que la police n’arrive plus à contenir. Ca bouge, et très vite.

Pour bien comprendre ce qui s’est passé on nous propose un regard très complet sur la Tunisie d’avant. Celle d’une information sous haute surveillance et d’une économie livrée aux intérêts de la famille au pouvoir. Cela est relaté avec précision et pas mal d’humour au chapitre : "Ils se sont tant aimés et nous ont tant méprisés". Un arbre généalogique qui nous fait parfaitement comprendre ce qu’est une mafia familiale.

Et puis, encore, toujours, des photos de ces quelques semaines où tout a basculé. Les graffitis de la kasbah comme celui-ci : "Nous n’avons plus peur".

C’est sans doute LA phrase qui résume le mieux ce long voyage vers la liberté… Plus de 100 témoignages et trois fois 100 photos… 100 photos pour les jeunes tunisiens, 100 pour les slogans de la rue, 100 enfin pour nous raconter ce qui s’est passé depuis le 14 janvier.

Ce livre historique -et le mot est tout à fait justifié- a été conçu en Tunisie par des tunisiens, en l’occurrence les Editions du Layeur. Il s’appelle tout simplement " Dégage ", et France Info a eu l’honneur et le bonheur d’en être le partenaire.

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