Le jour où tout s’est mal enchaîné

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Dans "Petite Histoire de Festivals", Yann Bertrand vous raconte les anecdotes, les moments forts de ces petits et grands événements qui n'auront pas lieu cet été ou en tout cas, pas dans leur forme initiale… Aujourd'hui, retour sur une édition pleine de soucis au Motocultor Festival.

Le Morbihan est orphelin de son Motocultor Festival, qui devait commencer jeudi 13 août. Festival de musiques extrêmes qui a vécu bien des soucis lors de son édition 2014, qui nous intéresse aujourd'hui. Les choses sont assez simplement résumées par Yann Le Baraillec, le fondateur du Motocultor Festival : "C'était mémorable puisqu'on a un peu accumulé les galères cette année-là."

Pour sa septième édition, le festival de métal installé à Saint-Nolff, dans le Morbihan, enchaîne les mauvaises nouvelles. D’abord, le jeudi, veille de l’ouverture, plus de courant sur les deux scènes principales : les générateurs rendent l’âme. En cette veille de 15 août, on a connu plus relaxant. Ensuite, pas moins de cinq groupes débarquent en Bretagne sans leurs valises, restées à l’aéroport d’Amsterdam. "Ils changent d'avion pour en prendre un plus petit, se souvient l'organisateur. Et les bagages des groupes, notamment Testament et Behemoth, sont restées bloquées là-bas."

Pas de costumes, pas de concert

Sacré problème notamment pour les Polonais du groupe Behemoth, du black metal avec une forte coloration sataniste. Les cinq membres ne jouent jamais sans leurs costumes et leur maquillage effrayants. Et sans tête d’affiche le samedi soir, c’est une catastrophe pour le festival. "En tous cas, deux heures avant le festival, ils continuaient à dire qu'ils ne jouaient pas, raconte Yann Le Baraillec. Ils avaient la tête des mauvais soirs et ils ont longtemps hésité avant de se dire : 'Beaucoup de fans sont là, on va quand même y aller.'"

Chacun enfile un sweat-shirt à capuche, parfait pour le côté sombre. Ce qui était une contrainte, devient finalement un concert historique. "Filmer était interdit, mais il y a eu beaucoup de téléphones et des vidéos pirates ont été mis sur Youtube", se souvient-il.

"Une des vidéos a été vue plusieurs dizaines de milliers de fois, continue-t-il. C'est passé sur beaucoup de forums de fans du groupe, aux États-Unis notamment. Ils ont fait avec les moyens du bord et ce concert unique et imprévu s'est, au final, assez bien passé." Et même mieux : les générateurs de secours, récupérés de justesse le jeudi soir, tiendront le coup jusqu’à la clôture, le dimanche… La grand-messe métal a fonctionné.

Vous êtes à nouveau en ligne