On s'y emploie. De plus en plus de salariés négocient des accords individuels

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"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail, avec une personnalité qui l'éclaire. Aujourd'hui gros plan sur les avantages individuels accordés à certains salariés. Des accords qui suscitent des jalousies

Elise Marescaux est professeur en gestion des ressources humaines à l'IÉSEG School of Management. Elle a signé un travail de recherche sur ces avantages individuels et souligne que de plus en plus de salariés en réclament à leur manager.

C'est une vraie tendance dans le monde du travail ?

E.M. : il y a une tendance à l'individualisation dans tous les domaines de la société, la publicité, les produits, etc. Au travail, aussi. Les salariés de plus en plus vont essayer de négocier un avantage individuel.

Quelles sont les grandes familles d'accords particuliers ?

E.M. : Il y a quatre grandes familles. Les avantages financiers, une prime ou un bonus. Les horaires et la possibilité de travailler à la maison. Des allègements de la charge de travail pour des soucis de santé ou des raisons privées. Et enfin la possibilité d'avoir une formation de top niveau.

Et vous dites que ça passe mal...

E.M. : Les collègues n'acceptent pas toujours ces accords individuels qui peuvent leur sembler illégitimes, injustes ou des signes de favoritisme. Ils vont réagir en se plaignant au manager ou à l'échelon supérieur. Ça peut être aussi réduire leur effort, voire quitter l'entreprise.

Ces réactions ne sont pas les mêmes selon les accords passés ?

E.M. : ce qui passe mal ce sont les primes et les bonus. Les collègues vont réagir assez négativement. En revanche des horaires flexibles ou un aménagement de la charge de travail c'est mieux accepté, parce que c'est souvent lié à des problèmes légitimes, comme des parents qui doivent déposer leurs enfants à l'école ou des soucis de santé. 

Quels conseils donnez-vous aux managers ?

E.M. : Il faut tout faire pour légitimer le plus objectivement possible. Donc clairement communiquer sur l'avantage et sur la raison qui a poussé à l'accorder. Justifier toujours avec des chiffres et des faits.