On s'y emploie. De la bienveillance dans le management

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail, avec une personnalité qui l'éclaire. 

Peut-on être manager, exiger des résultats, être soi-même sous pression, et être bienveillant ? Oui, répond Philippe Rodet, médecin urgentiste,  devenu un spécialiste du management, et notamment du stress en entreprise. Il vient de publier cette année Le management bienveillant, aux éditions Eyrolles.

Qu'est-ce qu'un manager bienveillant ? 

Philippe Rodet : C'est un manager qui va respecter ses collaborateurs, qui va faire en sorte qu'ils soient le moins stressés possible et qu'ils aient le plus possible envie de s'engager. En essayant d'augmenter les émotions positives, c'est à dire par exemple en laissant un juste niveau d'autonomie, en faisant en sorte que ses collaborateurs sachent à quoi ils servent, en état capable de reconnaître ce qui est bien fait, en reconnaissant ses propres maladresses. On sait que si on met en place ces leviers, on va augmenter les émotions positives, on va diminuer les émotions négatives, on ira mieux et on sera plus performant.

Comment le médecin explique-t-il cela ?

P.R. : on sait que si on diminue les émotions négatives et on augmente les émotions négatives, on va favoriser la sécrétion de deux hormones, de l'ocytocine et des endorphines, qui diminue les effets du stress.

C'est la même chose que la gentillesse ?

P.R. : pas forcément. Ça n'est pas avoir des relations d'amitié mais se comporter comme on aimerait qu'on se comporte vis à vis de soi.

Comment être bienveillant avec ses équipes quand on subit soi-même une pression ?

P.R. : Il faut commencer par se protéger soi, en faisant attention à soi, par exemple, le soir en marchant 30 mn par jour. Et quand on est plus serein on sera en mesure de mieux se comporter vis à vis de ses collaborateurs.