On s'y emploie. Ces collégiens et lycéens qui ont créé leur entreprise

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Un championnat d'Europe a réuni les 40 meilleures équipes de jeunes créateurs d'entreprise cette semaine à Lille.

Julien Leclerc est entrepreneur et président de l'association "Entreprendre pour apprendre". À peine le brevet est-il bouclé que des jeunes de toute l'Europe se sont retrouvés cette semaine à Lille pour la finale du championnat d'Europe des mini-entreprises. Quatre millions de collégiens, lycéens et étudiants ont créé leur boite, la plupart du temps sur le temps scolaire. Les 40 meilleures équipes se sont affrontées cette semaine.

franceinfo : c'est quoi une mini entreprise ?

Julien Leclerc : C'est une entreprise à part entière, mais éphémère. C'est un projet de A à Z que les jeunes, collégiens, lycéens, post-bac ont créé, c'est leur idée et ils l'ont développée jusqu'au bout, puisqu'ils ont été jusqu'à la commercialisation de leur produit ou de leur service. Ils ont généré un chiffre d'affaires qui a été reversé à une association de leur choix, et ils ont vécu une expérience entrepreneuriale.

Des exemples ?

J'ai vu des gamins créer un "drive" sur les marchés de proximité, qui a été repris par un chercheur d'emploi, donc à 14 ans, ils ont créé un job. On voit beaucoup de projets engagés sur le mieux manger, sur le mieux vivre, sur l'intergénérationnel. On a vu des choses pour aider les seniors à ne pas oublier de prendre leurs médicaments. Des choses très engagées.

On peut créer son entreprise dès 14 ans ?

Il y a de vrais entrepreneurs qui ont fait ça très jeune. Eux, on leur propose de faire ça de manière éphémère pour comprendre qu'ils ont une place dans la société. Ils ne sont pas tous entrepreneurs, il n'y a pas que des PDG, il y a un directeur financier, un directeur de la communication, un directeur commercial et beaucoup de directrices d'ailleurs.

Qu'est-ce que la création d'entreprise apprend et apporte aux enfants ?

Ils révèlent leurs talents, ils se connaissent beaucoup mieux, ils comprennent qu'ils ont tous une place dans une mini-entreprise, et donc dans la société en général, et ils deviennent beaucoup plus acteurs de leurs choix.

Aujourd'hui l'orientation est souvent subie, elle est souvent faite par les parents, par des enseignants, impulsée par des résultats scolaires. Là, ils deviennent vraiment acteurs de leur orientation parce que quand on a vécu une expérience comme ça, on se connaît beaucoup mieux. Dans la compétition ils se révèlent, en quelques mois ils changent, il y a un très fort impact sur leur vie.

Qu'est-ce qu'ils aiment là dedans ?

C'est de vivre la vraie vie et de valoriser les savoirs académiques. J'ai vu hier des lycéens faire un pitch en anglais. Leur prof d'anglais avait les larmes aux yeux et nous disait qu'il y a un an ils ne parlaient pas anglais.

Vous sentez l'esprit d'entreprendre marquer des points parmi les jeunes ?

Oui, vraiment, ils ont envie de faire du bien à la société et à la planète. Il y a 10 ans on opposait beaucoup le monde de l'éducation nationale et celui de l'entreprise, ce n'est plus le cas. J'invite tous ceux qui sont encore réfractaires à venir voir ce qui se passe à "Entreprendre pour apprendre".

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