Telegram, l'appli des terroristes ?

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L'application de communication Telegram serait très prisée par Daech en raison de son haut niveau de confidentialité. Celle-ci vient de supprimer 78 comptes "utilisés par des terroristes".

Telegram est une appli, d'origine russe, qui permet d'envoyer à des groupes d'utilisateurs des messages écrits, des photos et des vidéos chiffrés de bout en bout. Les messages privés peuvent s'autodétruire dès qu'ils sont lus. Daech a opté pour ce système plus discret que** Twitter ou WhatsApp vis-à-vis des "grandes oreilles" des services de renseignement.

Un classement des applis sécurisées

Daech est très au point en la matière. Selon le Wall Street Journal , l'organisation islamiste a établi, à l'intention de ses troupes, un classement des applications de communications en fonction de leur degré de confidentialité. Il y a les applis considérées comme "peu sûres", comme Viber ou What's App, celles qui sont "moyennement sûres", "sûres" ou "très sûres". Dans ces dernières catégories, on trouve, par exemple, des systèmes comme ChatSecure ou Telegram.

Le chiffrement en question

Les attentats de Paris relancent la question sur l'utilisation du chiffrement. Les terroristes de Daech se sont-ils servis de ce type d'applications pour préparer les attentats de Paris au nez et à la barbe des autorités françaises et belges ?

Méfiance post-Snowden

Derrière cette question, il y a un problème de fond : le chiffrement est justement en train de se développer pour garantir aux citoyens un minimum de confidentialité. C'est une grande tendance chez tous les acteurs du numérique depuis les révélations d'Edward Snowden sur les excès de la NSA. En France aussi : pas plus tard que le mois dernier, la secrétaire d'Etat au numérique, Axelle Lemaire, incitait les opérateurs à chiffrer les échanges d'emails pour garantir la confidentialité des abonnés.

Sécurité contre vie privée

Faut-il revenir sur le chiffrement qui garantit d'une certaine manière la liberté individuelle ? Faut-il introduire des backdoors, des dispositifs secrets, permettant aux enquêteurs de pénétrer, lorsque c'est nécessaire, dans les systèmes de conversation numérique ? C'est l'éternelle question du délicat équilibre entre sécurité et vie privée.

Etat d'urgence

En France, le Parlement étudie aujourd'hui la modernisation de la loi sur l'état d'urgence afin que celle-ci soit mieux adaptée à la situation technologique actuelle. La loi sur le Renseignement, votée en juin dernier, a déjà élargi les pouvoirs d'investigation des enquêteurs en la matière.

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