Quand un spécialiste du piratage se fait... pirater

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Une entreprise spécialisée dans l’espionnage électronique qui se fait elle-même… espionner, attaquer et pirater. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. C’est ce qui vient d’arriver à une société au nom évocateur, Hacking Team.

Hacking Team est une entreprise italienne spécialisée dans les logiciels d’espionnage informatique. Elle vend dans le monde entier des solutions et des prestations techniques pour infiltrer les systèmes. Par exemple, pour 50.000 euros, elle peut mettre en place la surveillance de l’iPhone d’une personne afin de récupérer toutes ses données, y compris ses conversations via les réseaux sociaux. Le problème, c’est que Hacking Team aurait parmi ses clients des régimes politiques pas des plus respectueux de la vie privée comme l’Ethiopie, le Nigeria, la Russie, le Maroc ou encore les Emirats Arabes Unis. Ses outils seraient utilisés pour espionner opposants politiques et journalistes. Cela a valu à cette entreprise d’être classée, en 2013, par Reporters Sans Frontières, parmi les "ennemis d’Internet".

 

Que s’est-il passé exactement ces derniers jours ?

 

Dimanche dernier, Hacking Team a été victime d’un piratage informatique majeur. On ne sait pas qui a fait le coup mais ce ne sont pas moins de 400 gigaoctets de données confidentielles qui auraient été dérobées. Des emails, des documents internes et aussi les codes "source" de plusieurs logiciels conçus par l’entreprise. Notamment un programme espion baptisé Galileo qui sert à surveiller les ordinateurs et les smartphones, qui serait en fait une vraie boîte à outil pour mener des "interceptions gouvernementales". C’est ce qui est expliqué dans la brochure commerciale. Plus anecdotique, le compte Twitter de l’entreprise a également été piraté. Au delà de l’aspect "arroseur arrosé", cette affaire met en lumière l’activité de ces officines privées qui créent des outils de surveillance électronique pour les Etats. Un sujet forcément délicat selon qu’il s’agit de lutte contre le terrorisme ou d’espionnage politique en bonne et due forme.

 

Que révèlent les documents dérobés ?

 

Un peu à la Wikileaks, ils commencent à livrer leurs secrets. Ils se répandent sur la Toile. On découvre notamment des contrats avec le Soudan, la Turquie, les Etats-Unis ou l’Espagne mais aussi des contacts commerciaux avec la France où des démonstrations de logiciels espions auraient été faites. De leur côté, les responsables de Hacking Team se défendent en affirmant que les informations colportées sont fausses.