Pourquoi les dirigeants politiques ne protègent pas mieux leurs communications

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Les révélations de Wikileaks sur les écoutes de la NSA mettent en évidence une réalité : les communications des hauts responsables français sont visiblement mal protégées.

Les dirigeants politiques sont comme nous : ils n’ont pas envie de s’embêter avec des systèmes de sécurité très contraignants.

Depuis 2010, les responsables politiques et militaires français disposent d’un téléphone totalement sécurisé : c’est le fameux Teorem du fabriquant Thalès. Un produit 100% français. La moindre puce qui le compose tout comme son logiciel sont donc à l’abri des mouchards étrangers. Surtout, le Teorem permet de communiquer de manière confidentielle grâce au chiffrement des données. Malheureusement, nos responsables politiques rechignent à s’en servir. Pour leurs communications de tous les jours, ils préfèrent souvent utiliser leurs BlackBerry ou leurs iPhone personnels, bien moins sûrs. Les services secrets américains avaient eu le même problème avec Barak Obama qui ne voulait pas se défaire de son BlackBerry après son élection.

 

Pourquoi le Teorem est-il boudé ?

 

Parce qu’il est moche, lourd et lent. C’est un appareil à clapet, à l’ancienne. Il n’est pas tactile. Il n’a même pas de répertoire, il faut composer les numéros manuellement à chaque fois. En matière de technologie, c’est toujours la même chose : la sécurité est inversement proportionnelle au confort d’utilisation.

Malgré tout, les membres du gouvernement, comme Laurent Fabius aux Affaires étrangères, s’en servent pour leurs communications hyper sensibles. Mais, au quotidien, il est plus agréable d’utiliser un smartphone à la mode, joli et convivial, sur lequel on peut télécharger des applis.

Les responsables politiques savent qu’ils sont "écoutables"

Les dirigeants politiques considèrent qu'une conversation avec un journaliste ou avec un autre responsable politique n’est pas forcément stratégique. En plus, pour que les communications chiffrées soient réellement inviolables, il faut que les deux interlocuteurs, à chaque bout, utilisent un téléphone sécurisé. Au passage, le Teorem coûte une petite fortune : pas loin de 4.000 euros, d’après ce qu’on en sait.

 

D'autres téléphones sécurisés

 

On trouve d’autres appareils moins contraignants et moins chers, par exemple pour les chefs d’entreprises, comme le Hoox m2 de Bull. C’est un smartphone à écran tactile. Il y a aussi le BlackPhone, un appareil suisse qui se rapproche beaucoup d’un smartphone grand public. Cependant, ces appareils fonctionnent avec Android, qui est, rappelons-le, un logiciel américain. 

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