Nouveau monde. Médias et Gafa : je t’aime moi non plus...

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Les professionnels de la presse protestent contre la décision de Facebook de réduire la visibilité des articles postés par les internautes afin de ne pas avoir à les rémunérer.

Après Google, Facebook a décidé à son tour de répondre à sa manière à la fameuse loi sur les "droits voisins" (droits voisins des droits d’auteur instaurés le 24 octobre dernier) et cela ne plaît pas du tout aux professionnels de la presse française. Plusieurs associations de journaux et d’éditeurs ont publié, dimanche 27 octobre, un communiqué rageur dans lequel ils déplorent que le réseau social refuse, selon eux, "la mise en œuvre de bonne foi" de cette nouvelle règlementation.

Il vous arrive de lire des articles que vous trouvez sur Facebook ou sur Google ? Désormais, ce ne sera plus possible ou, du moins, pas toujours et pas complètement pour tous les médias. Depuis vendredi dernier, lorsqu’une information est postée par un internaute sur Facebook, seul le titre et le lien vers l'article apparaissent mais il n’y a plus d’extrait, d’image, de vidéo, etc. Les plateformes ne veulent pas payer alors elles préfèrent limiter les contenus publiés. C’est un peu le même problème qu'avec Google. Récemment, le moteur de recherche a décidé de ne plus publier les extraits d’articles, sous forme de snippets (ces petits carrés qui affichent les derniers articles de presse sur un sujet donné), si les médias ne lui donnent pas l’autorisation de le faire gratuitement. Cette décision a provoqué une levée de bouclier, de la part des professionnels des médias et même des politiques français, Google étant accusé de bafouer la loi.

Et maintenant ? 

Les éditeurs ont porté plainte contre Google. En ce qui concerne Facebook, ils se donnent quelques jours pour réfléchir. Il faut dire que la situation est un peu différente car Facebook ne bloque pas les articles publiés par les médias eux-mêmes mais uniquement les liens postés par les internautes. Au-delà, cette affaire pose à nouveau la question des relations houleuses, à la "Je t’aime moi non plus", entre les médias et les Gafa. Les médias ont besoin des Gafa pour être visibles mais ils ne veulent pas se faire dépouiller et réclament un meilleur partage des revenus.

Il est intéressant de noter que tous les médias ne sont pas sur la même ligne. Il y a ceux qui ne sont pas d’accord et il il y a ceux qui s’en accommodent. Par ailleurs, Facebook passe des partenariats avec des médias. Le réseau social vient de lancer aux États-Unis une plateforme qui s’appelle Facebook News et qui est alimentée par des contenus provenant de médias rémunérés en conséquence. En gros, les Gafa ne veulent pas de la loi européenne faite et ils essayent de la contourner en imposant leurs propres règles du jeu.

Vous êtes à nouveau en ligne