Nouveau monde. Les robots soldats feront-ils un jour la guerre à la place des hommes ?

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Tout l’été, la chronique "Nouveau Monde" explore le futur. Vendredi, les robots font leur apparition sur le champ de bataille. Jusqu’où cela peut-il aller ?

Lors du dernier défilé du 14 juillet, on a pu voir plusieurs robots de l’armée française déjà en service aujourd’hui : robots démineurs, robots explorateurs, robots transporteurs de charges lourdes, drones, etc. La robotique militaire est une réalité. En Russie, un petit char robotisé, l’Uran-9, pouvant être télécommandé à distance jusqu’à 3 km et aussi fonctionner en mode autonome, vient d’être mis en service au sein de l’armée. À la frontière entre les deux Corée, des robots-tireurs sur tourelles, fabriqués par Samsung, sont aux aguets. Pour l’instant, ces machines sont encore sous contrôle humain, c'est-à-dire opérés à distance, mais elles pourraient être basculées en mode automatique à tout moment et programmées pour ouvrir le feu sans intervention humaine.

Faut-il laisser des armes autonomes décider seules d’ouvrir le feu sur des êtres humains. N’y a-t-il pas un risque qu’elles se trompent ou qu’il n’y ait plus de place pour le doute ou l’empathie dans certaines situations ? Que se passerait-il si des armes robotiques tombaient aux mains de groupes terroristes indépendants de tout État ?

Des guerres chirurgicales

Selon certains, les robots tueurs permettrait cependant de faire une guerre chirurgicale et plus "propre", en limitant les pertes sur le terrain. C’est la doctrine militaire américaine. Rappelons que les mines sont des armes autonomes et qu’elles sont particulièrement "bêtes". Insuffler un peu d’intelligence artificielle dans ces équipements serait-il vraiment une mauvaise chose ? Cependant, de nombreuses oppositions se font entendre.

En 2017, une centaine d’experts en robotique ont écrit aux Nations unies pour demander qu’on interdise les robots tueurs. Des employés de Google ont protesté contre des contrats de l’entreprise avec l’armée auxquels la direction a dû finalement renoncer. Plusieurs campagnes de sensibilisation contre les robots-tueurs ont été menées. On a un pu voir, notamment, cette vidéo impressionnante d’un essaim de drones autonomes attaquant des étudiants, une fiction destinée à sensibiliser les esprits. Dans les faits, ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il existe différents degrés d’autonomie. C’est sur ce niveau d’autonomie à accorder aux machines tueuses que les autorités devront se prononcer dans les années à venir.

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