Nouveau monde. Facebook met en place de nouveaux réglages pour mieux contrôler les contenus

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Le réseau social veut permettre aux utilisateurs de modérer l’influence de son algorithme, accusé d’enfermer les internautes dans une bulle et de contribuer à la propagation de la haine et des fake news.

Avec ses 2,6 milliards d’utilisateurs dans le monde, dont 40 millions en France, Facebook a un impact et une responsabilité sociétale. Son fameux algorithme de recommandation favoriserait la propagation des contenus haineux et de désinformation. Le réseau social veut permettre à ses membres de reprendre, au moins en partie, le contrôle.

Paramétrer la chronologie du fil d'actualité

Parmi les nouvelles fonctions qui viennent d’être annoncées, il y a la possibilité de paramétrer son fil d’actualité, c'est-à-dire les messages publiés par ses "amis", afin que ceux-ci s’affichent de manière chronologique, avec les plus récents en premier. Jusqu’à présent, c’est le fameux algorithme de recommandation qui décide de vous montrer ce qu’il veut en fonction de ce qu’il sait de vos centres d’intérêt.

Cette nouvelle fonction est dabord déployée sur Android et elle arrivera ensuite sur iPhone. Autre nouvelle fonction : la possibilité de mettre en favoris des pages ou des profils ou, au contraire, de masquer certaines pages. Enfin, il sera possible de choisir plus précisément quelles personnes peuvent voir un contenu que l’on partage sur Facebook.

"Le tango se danse à deux"

On peut rapprocher ces nouvelles fonctions d’un long billet de blog publié le 1er avril par Nick Clegg, vice-président chargé des affaires mondiales de Facebook, intitulé "Vous et l’algorithme : le tango se danse à deux". L’auteur prend la défense de l’algorithme de Facebook, souvent critiqué, et récuse le fait que les médias sociaux soient responsables de la polarisation de la société. Nick Clegg renvoie les utilisateurs à leurs responsabilités. "Votre fil d'actualité est fortement influencé par vos choix et vos actions", écrit-il. Autrement dit, les contenus que l’on consulte ou que l’on "aime" façonnent les contenus similaires qui nous sont proposés. Selon lui, l’algorithme ne fait que suivre le mouvement.

Nick Clegg, qui est par ailleurs ancien vice-Premier ministre du Royaume-Uni, remet cela dans perspective plus globale. "La personnalisation est au cœur de l'évolution d'Internet au cours des deux dernières décennies", explique-t-il. Et on assiste à une "démocratisation (…) historique de la parole". On ne reviendra pas en arrière, dit en substance Nick Clegg, qui en appelle, par ailleurs aux "institutions démocratiquement élues" pour "établir de nouvelles règles".

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