Nouveau monde. Cybersécurité : "Les entreprises manquent d’ingénieurs spécialisés"

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Le Forum International de la Cybersécurité se tiendra à Lille les 22 et 23 janvier 2019. Philippe Trouchaud, auteur du livre "La Cybersécurité face au défi de la confiance" est l'invité de Jérôme Colombain.

À la veille du Forum International de la Cybersécurité, qui se tiendra à Lille les 22 et 23 janvier 2019, Philippe Trouchaud, consultant chez PWC et auteur du livre La Cybersécurité face au défi de la confiance (Odile Jacob), dresse un bilan du cyberrisque et de la cybersécurité en France.

Des millions de comptes piratés chez Facebook, des entreprises et des hôpitaux victimes de rançongiciels, des journaux américains empêchés de paraître à cause d’une cyberattaque… L’année 2018 a été marquée par de nombreuses affaires cybercriminelles.

Y a-t-il plus de raisons d’avoir peur ou plus de raisons d’être rassuré face au cyberrisque aujourd’hui ?

Philippe Trouchaud : Il y a surtout beaucoup de raisons de se préoccuper de la sécurité car le cyber risque érode la confiance des consommateurs. 85% des Français considèrent que les entreprises sont dépassées par ce risque cyber. La confiance, dont je parle dans mon livre, est indispensable pour réconcilier le public avec la technologie dont le développement ne va pas s'arrêter.

Est-ce que la cybercriminalité va empirer ?

Philippe Trouchaud : Je ne crois pas à un effondrement d’Internet car les cyber malfaiteurs sont dans la posture du parasite : ils ont besoin que « la bête » continue à vivre afin d'en tirer profit. D'ici 15 à 20 ans, tout le commerce mondial sera sur Internet. Il s'agit de mettre en place les mêmes précautions que pour les voies maritimes ou aériennes. Pour l’instant, l’outil informatique est encore jeune. Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez de ressources humaines allouées à la cybersécurité. Cette filière n’est pas suffisamment attractive.

Comment attirer plus de talents vers la cybersécurité ?

Philippe Trouchaud : Nos talents, les jeunes ingénieurs français qui sont pourtant très bons, sont des "citoyens du monde" plus attirés par les géants de l’Internet que par les industries nationales traditionnelles. Ils ont aussi du mal à rentrer dans la logique de projets d’une entreprise car ils fonctionnent beaucoup plus par défis. La cybersécurité consiste à faire en sorte que rien ne se passe, ce qui n'est pas forcément très motivant. Tout cela est difficile à gérer pour les directions des ressources humaines qui sont dépourvues et ne parviennent pas à leur offrir des carrières motivantes à long terme.

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