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Nouveau monde. Ces Français fascinés par la Silicon Valley

Cyril Paglino est un ancien champion du monde de breakdance. Il a lancé Tribe, une appli de visioconférence pour les jeunes. Il habite et travaille dans une villa sur les hauteurs de San Francisco avec d'autres jeunes gens de plusieurs nationalités qui mélangent travail et loisirs. Bref, le cliché de la start-up. Stéphane Diner et Vincent Crosnier, deux anciens pilotes de chasse de Montpellier, travaillent sur Wezr, un service de météo collaborative, sur le modèle du système de navigation GPW Waze. Carlos Diaz, Géraldine Le Meur et Pierre Gaubil, quant à eux, accompagnent les start up-ers français et leur apprennent les us et coutumes de la vallée, au sein de leur jeune pousse The Refiners.

Pourquoi la Silicon Valley fascine ?

L’attrait de la Silicon Valley tient d’abord à la sensation de se trouver au "cœur du réacteur" de la révolution numérique. "Ici tout va plus vite", expliquent les Français de Californie. On peut décrocher en quelques jours des rendez-vous avec des personnes très importantes. Il y a aussi les investisseurs prêts à lâcher des millions de dollars sur des projets qui obtiendraient des financements bien plus modestes en France. Beaucoup de start-up sont présentes sur les deux continents à la fois, en France et en Californie, afin de pouvoir se développer sur le marché américain en même temps que sur le marché européen. C’est le cas, par exemple, la start-up lilloise Giroptic, spécialisée dans la vidéo 360, qui vient de passer un partenariat très remarqué avec Facebook.

La face cachée du rêve américain

Cependant, derrière cette image idyllique, il y a aussi des déconvenues. La Silicon Valley est "le plus grand cimetière de start-up du monde", confie Carlos Diaz. Toutes les jeunes pousses ne deviennent pas des Facebook ou des Airbnb. Les millenials, les jeunes de la génération numérique, doivent s'accrocher pour réussir car, ici, la compétition est poussée au maximum et elle conduit parfois à des dépressions ou même des suicides. La vie est devenue extrêmement chère à San Francisco et dans la vallée. Pour un appartement de 25 mètres carrés, comptez au minimum 3 000 dollars. Ceux qui ne bénéficient pas des salaires mirobolants de la "tech" doivent parfois quitter la ville. Sans oublier les dizaines de homeless (SDF) qui arpentent les trottoirs de San Francisco. Contrairement aux idées reçues, les impôts sont aussi plus élevés qu'en France. Enfin, les Français de Californie soulignent la profonde différence de mentalité avec les Américains. Ici, derrière les sourires de façade, il est très difficile de nouer de véritables relations amicales car c'est avant tout "business business".

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