Nouveau monde. Aux Etats-Unis, les participants aux manifestations ciblés via leur téléphone mobile

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Aux États-Unis, alors que les rassemblements liés à l’affaire George Floyd continuent, les téléphones portables des manifestants sont utilisés pour leur envoyer des messages politiques.

C’est une enquête du Wall Street Journal, publiée en France par L'Opinion, qui nous l’apprend. Aux États-Unis, des organisations politiques utilisent, pour adresser des messages militants, une technologie qui s’appelle le geofencing, en français géorepérage.

Au départ, il s’agit d’un outil publicitaire qui sert à envoyer des messages ciblés géolocalisés lorsqu’on a préalablement installé certaines applications de jeux, de prévisions météo ou même Facebook. Si l’on passe à proximité d'une boutique en particulier, on reçoit une publicité sans être pour autant ciblé nominativement. Aux États-Unis, des sociétés spécialisées gèrent ces systèmes à grande échelle et sont capables d’organiser des campagnes massives très efficaces.

Incitations au vote

Ces messages émanent de groupes de pression politiques, d’associations et peut-être aussi de partis politiques. Les deux bords politiques, Démocrates comme Républicains, auraient recours à ces techniques. Les messages envoyés incitent, par exemple, à aller voter, partant du principe que les personnes qui participent à ces manifestations sont sensibles à certaines causes. Le Wall Street Journal cite, par exemple, un groupe démocrate, Field Team 6, qui a envoyé des messages ciblés aux utilisateurs de Facebook identifiés dans des manifestations de plusieurs villes américaines, comme Detroit, Houston ou Raleigh.

Avant même les événement actuels liées à la mort de George Floyd, il était prévu d’utiliser abondamment le geofencing aux États-Unis dans le cadre de la prochaine campagne présidentielle, pour lutter contre l’abstention.

Questions de vie privée

Cependant, ce procédé pose inévitablement des questions de respect de la vie privée. Il semble qu’il y ait un flou et que les gens ne savent pas forcément que leurs données de localisation sont utilisées à ces fins. Cela permet aussi de savoir de quels endroits viennent les mobiles et donc d’en déduire des origines géographiques, voire sociales ou ethniques.

Certaines entreprises spécialisées dans le geofencing refuseraient, toutefois, de jouer le jeu et d’utiliser cette technologie à des fins politiques.

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