L'affaire AppGratis braque Paris contre Apple

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La mise au ban par Apple de la start up française AppGratis a poussé la ministre Fleur Pellerin à intervenir au nom de la "neutralité des plateformes numériques". L'affaire n'est pas simple.

AppGratis est une application iPhone dont l'unique fonction
est de proposer chaque jour gratuitement pendant 24 heures une application
habituellement payante. Jusque là tout le monde était content : les utilisateurs de faire une bonne
affaire et les éditeurs d'applications de profiter d'une belle promotion moyennnant le prix d'une pub. App Gratis est ce que l'on peut appeler une belle réussite à la française avec une récente
levée de fond de 10 millions d'Euros et une mise en vedette au Nasdaq
de New York. Seulement il y a quelques jours, patatras, l'application a été
supprimée de l'App Store par Apple au motif qu'elle violerait le règlement édicté
par la marque à la pomme. Il faut dire que le poids d'App Gratis devenait grandissant au point d'influer sur les classements d'applications au sein de l'App Store. En outre, AppGratis est accusée d'utiliser le système de notifications push  pour faire de la publicité (pour les applis mises en valeur) ce qui est proscrit par Apple.

Intervention de la
ministre

C'est là qu'intervient la ministre du numérique Fleur
Pellerin. Celle-ci s'est rendue ce matin dans les locaux d'AppGratis, à Paris,
pour soutenir le PDG Simon Dawlat et la quarantaine d'employés frappés par une "décision injuste ". La ministre dénonce
des "comportements abusifs à
répétition de certaines plateformes dominantes
". Bref, elle attaque
Apple et évoque l'idée d'"étendre la
neutralité du Net
" à des plateformes comme l'App Store d'Apple. Selon elle, l'affaire met en lumière la dépendance des nombreuses entreprises, notamment françaises, aux règles édictées par quelques géants du Web comme Apple mais aussi Google ou Facebook. 

Affaire privée ou publique ?

Cependant, l'intervention publique de Fleur Pellerin dans une affaire commerciale privée a surpris plus d'un Web-entrepreneur qui l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux. Selon Antoine Buffet, dirigeant d'AppsFit, une autre entreprise du même genre qu'AppGratis, "les règles de l'App Store sont connues et Apple est dans son bon droit " (à écouter ci-dessus).

Deux logiques

Il faut savoir qu'Apple fait régulièrement le "ménage" parmi les
applications. Dernièrement, l'éditeur Izneo a vu plusieurs de ses bandes
dessinées exclues de l'App Store. La procédure est généralement brutale et fait
grincer des dents. La marque à la pomme est parfois soupçonnée d'agir ainsi
pour privilégier ses propres services concurrents. Mais c'est aussi la garantie pour les utilisateurs de ne pas être dérangés par certaines pratiques. Par exemple, certaines applications présentées comme gratuites par AppGratis le sont en réalité tout le temps et il s'agit donc uniquement d'opérations de promotions déguisées.

Bref, deux logiques s'affrontent : d'un
côté, celle du commerce à l'échelle planétaire qui voudrait qu'Apple reste
maître en son palais et, de l'autre, celle, défendue par Fleur Pellerin, de la
responsabilité d'une plateforme comme Apple vis-à-vis des sociétés vivant dans son écosystème et aujourd'hui largement dépendantes de son bon vouloir.

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