Mômes trotteurs. Rencontre avec un effaroucheur sur les pistes de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle

En cette journée mondiale des oiseaux migrateurs, Clarence, Norah et Tom sont partis à la rencontre d'un effaroucheur qui travaille sur les pistes de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Grâce à différentes techniques, il assure la sécurité du trafic aérien.

"C'est quoi un effaroucheur?" interroge Clarence. "Ils doivent faire fuir les oiseaux pour ne pas qu'il y ait des accidents", résume Norah. "Et d'ailleurs, le risque d'accident le plus important, c'est au moment du décollage", leur précise Jonathan, l'un des effaroucheurs de Paris Aéroport.

"Parce que si l'avion tape un oiseau au moment du décollage, du coup il est obligé de continuer son décollage, car une fois arrivé à une certaine vitesse, il doit décoller coûte que coûte, même si par exemple il a un réacteur en moins et doit faire demi-tour et atterrir. À l'atterrissage, il peut y avoir des accidents mais il y a moins de risques parce qu'une fois que l'avion a atterri, c'est bon, il a ses roues au sol, il n'a plus qu'à ralentir." 

Jonathan explique son métier d\'effaroucheur à Tom, Clarence et Norah sur les pistes de l\'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.
Jonathan explique son métier d'effaroucheur à Tom, Clarence et Norah sur les pistes de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Les effaroucheurs sont actifs sur les pistes durant le "jour aéronautique", c'est-à-dire 30 minutes avant le lever du soleil et 30 minutes après son coucher.

"Est-ce que c'est stressant comme métier?" demande Clarence. "Lorsqu'il y a beaucoup d'oiseaux à gérer, ça peut être stressant parce qu'on doit courir vraiment partout. Nous, on est vraiment au milieu des pistes et parfois, il y a des oiseaux aux deux extrémités donc il faut aller d'un côté, puis de l'autre. Il faut être à fond !"

Le long de la piste, on distingue des petits poteaux jaunes, ce sont des hauts parleurs, qui diffusent des sons choisis par l'effaroucheur. Certains sont développés spécialement pour faire fuir les oiseaux.

"Celui-ci est trop horrible !", réagit Tom en entendant le premier. "Pour les oiseaux c'est pareil ! commente Jonathan. Après, c'est sûr qu'il vaut mieux avoir un petit bruit désagréable plutôt que l'avion rentre en contact avec l'avion. "Bah, il peut mourir l'oiseau !" lance Tom. "Eh oui, c'est le risque. Et il peut faire mal à l'avion aussi. L'avion peut être endommagé et ça fait un petit accident en fait."

L\'aéroport de Paris-Orlye depuis l\'intérieur d\'un avion sur le tarmac, le 4 mars 2019
L'aéroport de Paris-Orlye depuis l'intérieur d'un avion sur le tarmac, le 4 mars 2019 (MAXPPP)

"Et ça fait peur !" estime Tom au lancement d'une petite fusée. "C'est très utile et très rapidement et on peut suivre les oiseaux et les diriger dans une direction voulue et les bloquer lorsqu'ils s'approchent trop près des avions."

Formés en ornithologie, les effaroucheurs conduisent un 4X4 diffusant à l'aide de haut-parleurs des cris de détresse d'oiseaux pour éloigner les volatiles. Ils utilisent aussi des fusées détonantes et crépitantes.  

Jonathan utilise aussi des cris d'oiseaux comme le chant du corbeau. "S'il y en avait autour de nous, en écoutant ce son ils viendraient vers nous." L'agent dispose de cris "un peu plus bizarres" comme celui du cormoran. "On dirait une poule!" s'amuse Norah. "Là, c'est trop drôle, on dirait une chanson, rigole Tom au son synthétique du chant du corbeau. "Il y a un côté robot, c'est pour les faire fuir", précise Jonathan.

Avion décollant d\'une piste de l\'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018. 
Avion décollant d'une piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018.  (MIKAËL ROPARZ / FRANCE-BLEU NATIONAL)

"Et à part les oiseaux, est-ce qu'il y a d'autres animaux dangereux pour les avions ?", demande Clarence. "Oui, répond l'effaroucheur. Sur l'aéroport, il y a par exemple beaucoup de lapins. Il y a peu de risques qu'ils impactent les avions mais on les surveille parce que les lapins ont tendance à creuser des trous un peu où il ne faut pas, donc près des câbles électriques, près des bords de pistes."

L'équipe du service de prévention du risque animalier de Paris Aéroport mène aussi des actions en faveur de la biodiversité, qui consiste notamment à faire l'inventaire des espèces et des habitats attractifs.  

"Est-ce qu'il y a eu beaucoup d'accidents ?" s'inquiètent les Mômes Trotteurs. "Non ! Ici, il n'y en a pas eu. Par contre, ça peut arriver que des avions rencontrent des oiseaux, même si l'avion n'est pas cassé, il faut qu'il fasse demi-tour. Et ces situations sont très compliquées à gérer. C'est aussi pour ça que les effaroucheurs sont là !"

 

Les effaroucheurs à Roissy : réécoutez la version longue de Mômes trotteurs
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