Stress : lutter contre, le gérer et en sortir

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C’est le stress, tu es stressé, quel stress ! Ce mot-là est sûrement l’un de ceux que nous prononçons le plus à tort et à travers. Notre époque est celle du stress.Mais quant à savoir ce que recouvre exactement ce mot fourre-tout, c’est une autre affaire. Précisions avec Christilla Pellé-Douël, journaliste à Psychologies Magazine.

Stress, c’est un mot bien français, bien de chez nous, venant du latin stringere et stressus, c’est à dire serrer. Le mot existait en ancien français, avec une signification un peu plus large : étroitesse et oppression. C’est la détresse, que nous employons toujours, mais dans l’acception de « désarroi ». Le stress, c’est : une réaction de notre corps et de notre psychisme à un stimulus agressif auquel nous répondons par différents moyens : l’action, l’angoisse, la fatigue, la nervosité etc...

Existe-t-il un bon et un mauvais stress ?

C’est que l’on pensait encore récemment. Nous avons entendu qu’il fallait faire le tri entre le bon stress, qui nous permet de trouver des ressources en nous pour nous pousser à la réflexion ; comment résoudre une difficulté, et le mauvais stress, celui auquel nous répondons pas l’angoisse, la fatigue, la désorganisation... Or, aujourd’hui, la distinction passe davantage entre stress aigu, qui, durant un court laps de temps, nous permet de mobiliser nos ressources, et stress chronique, qui nous vide de notre énergie, parce que la situation stressante s’éternise. C’est le cas des personnes qui travaillent en permanence sous tension, et en arrivent, dans les cas les plus graves, au burn-out, c’est à dire à l’épuisement de toutes les ressources, physiques et psychiques.

Anticiper une situation stressante peut nous aider à y faire face ?

Difficile. Dans certains cas, on peut arriver à se préparer, c’est le cas pour les examens. Mais dans la plupart des situations, c’est impossible : le stress est par définition une réaction à une situation soudaine et imprévue, je parle là du stress aigu.S’imaginer en permanence dans une situation de stress contribue, bien sûr, à l ‘accentuer : passer sa vie à attendre qu’il arrive n’aide pas à aborder les difficultés avec calme. En revanche, les comportementalistes peuvent être d’une aide précieuse pour parvenir à comprendre et à ne plus se laisser envahir par le stress dans des circonstances précises, comme les examens, par exemple, ou bien l’angoisse de prendre l’avion. En aidant à visualiser et à repérer les raisons pour lesquelles nous sombrons dans le stress, raison qui tiennent par exemple, à une mauvaise image de soi dans le cas de l’angoisse des examens, ou à de fausses croyances dans le cas des transports, en nous familiarisant avec ces situations qui déclenche notre stress, nous pouvons améliorer considérablement la situation.

Le stress est un ennemi

En tant que tel, non. Le stress nous est vital : sans aucun stress, nous ne pourrions pas survivre.Nous ne serions pas capables, par exemple, tout simplement, prendre rendez-vous chez le médecin parce que nous nous sentons malades. Ce stress-là, cette inquiétude, ce signal d’alarme, nous fait réagir de manière adéquate, tout simplement pour assurer notre survie.

Est-ce que stress psychologique et le stress physiologique sont différents ?

Ils sont liés : on ne peut pas distinguer l’un de l’autre. Le stress entraine toujours le même type de réactions : même si nous subissons un stress purement psychologique, comme l’attente d’un résultat, par exemple, notre corps répond, au même titre que notre psychisme : notre cœur bat plus vite, nous avons les mains moites, nos épaules se contractent. A l’inverse, un stress physique, comme celui ressenti au moment d’un accident, retentit largement sur notre psychisme, provoquant panique, angoisse ou crise de larmes. Le psychothérapeute Thierry Janssen souligne que “plus la situation stressante perdure et plus nous avons le sentiment d’être impuissant, plus nous avons tendance à psychologiser le stress, en tenant de lui trouver mille et une explications”, ce qui bien sûr, nous permet de « reprendre » la main, reprendre le contrôle sur la situation qui nous fait souffrir. Or, de nombreux psychothérapeutes soulignent l’importance, pour ne pas se laisser « bouffer » par le stress, de ne pas tenter de lutter contre, mais de parvenir à le reconnaître comme tel et de tenter de l’analyser, afin d’y répondre de manière cohérente. Car, lorsque nous sommes en état de stress, la sécrétion d’adrénaline augmente, augmentant le rythme cardiaque et la sécrétion de cortisol,. Ce n’est que lorsque le danger est écarté que l’organisme libère d’autres hormones, celles du bien-être, la dopamine, les endorphines et la sérotonine. Si le stress perdure, vous voyez le problème : permanence de la sécrétion adrénaline et de cortisol, entrainant une usure précoce de notre organisme. Nous devons donc parvenir à trouver un équilibre entre les périodes de stress et le retour au calme.
Plus facile à dire qu’à faire, surtout en ces moments de crise.
Professionnellement, surtout en ce moment, cela peut même sembler impossible. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide ,sociale, médicale, psychologique lorsqu’on se sent débordé par le stress et que le sentiment d’impuissance semble l’emporter. C’est à ce moment-là qu’il faut impérativement réagir. Et aux entreprises aussi de réagir et prendre en compte ce facteur destructeur des salariés.

Un dossier dirigé par Isabelle Artus et Marie-Laurence Grézaud, à retrouver dans Psychologies Magazine.

Un site internet :
Sos-stress.fr
Et un livre :
_ Le défi positif de Thierry Janssen- Les liens qui libèrent- 22 euros

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