La scolarisation des enfants handicapés

C'est le mois de la rentrée, cartable, crayons taillés et enfants habillés de neuf pour aller à l'école. Mais 20.000 enfants en âge d'être scolarisés, restent à la maison faute de structures. Des enfants handicapés que la loi protègent encore plus depuis 2005. Mais chaque année l'Education nationale bute sur le sujet.

Entretien avec Caroline Rochet journaliste de Marie Claire qui publie une enquête Les interdits de cartabl e.

20.000 enfants handicapés ne sont pas scolarisés. Pourquoi cette
situation perdure malgré la Loi de 2005 ?
C'est une question de moyens ou encore une question de
personnes car d'une école à l'autre, malgré la loi, cela peut différer. C'est
aussi la question du type de handicap, d'âge, de lieu de vie. L'état a encore
beaucoup à faire. La loi de 2005 oblige leur scolarisation et elle doit s'adapter
à différents types de handicap (handicap moteur, physique, mental, l'autisme).

Quelles sont les démarches à suivre ?
Les parents doivent s'adresser à la maison départementale
des personnes handicapées et élaborer un projet pour leur enfant. La commission
des droits de l'autonomie avec l'inspection académique voit ce qui est le
mieux pour l'enfant. Mais il y a des obstacles malgré la simplicité des démarches :
l'école refuse, l'école n'a pas les moyens de les recevoir parce qu'elle n'est
pas accessible, les enseignants ne sont pas formés ou ont trop d'élèves. Un
manque d'auxiliaire de vie scolaire aussi. Cela se passe dans le secteur public comme dans le
privé.

Vaut-il mieux pour ces enfants une école
ordinaire ou des établissements spécialisés ?
Il y a plusieurs cas de figure mais une intégration en
école ordinaire permettrait à l'enfant de progresser. Une prise en charge dès
quatre ans permet à la moitié de ces enfants d'intégrer une vie sociale normale.

Quel est le rôle des auxiliaires de vie scolaire (AVS) ?
Ce sont des personnes qui ne sont pas titularisées, dont le
métier n'est pas reconnu, une formation fantôme et mal payée. Au bout de six
ans d'activité en contrat à durée déterminée les auxiliaires de vie doivent s'arrêter, au moment même où elles sont formées. Elles
sont très importantes pour l'enfant, en l'aidant à interagir avec les
enseignants et les autres élèves. L'an dernier, 5.000 enfants n'avait pas d'AVS donc pas d'école,
ou quelques heures dans la semaine.

Caroline Rochet a interviewé Vincent Peillon, le Ministre de
l'Education nationale. Le gouvernement prévoit beaucoup de choses pour ces
enfants dans les mois à venir. Pour les AVS, des postes ont été créés, on
attend la reconnaissance d'un vrai métier. Pour les enfants autistes il promet
de faire mieux. Tout ça, dans le cadre de la réforme de l'Education nationale.

 

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