Sylvain Tesson : "Je ne suis pas un écrivain de la construction mentale"

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L'écrivain Sylvain Tesson était l'invité de "Mise à jour" lundi à l'occasion de la sortie de son livre "Un été avec Homère".

L’Himalaya, l’Afghanistan, le Pakistan, la Sibérie et l’archipel des Cyclades l’été dernier. Notre invité de la Mise à jour ne peut s’empêcher d'explorer de nouvelles contrées. Le voyageur et écrivain Sylvain Tesson s’est rendu sur les îles grecques pour écrire Un été avec Homère, transcription de sa chronique diffusée l’été dernier sur France Inter qu’il publie aux éditions Des Équateurs.

L’Iliade et l’Odyssée se distinguent d’autres œuvres à bien des égards. À la question de Jean-Mathieu Pernin demandant au voyageur pourquoi est-ce que Homère est indispensable à ses yeux, l’intéressé répond : "J’ai l’impression qu’Homère est là et que lorsque l'on ouvre l’Iliade et l’Odyssée, il faut se pincer pour accepter que ces poèmes ont été écrits il y a 2 500 ans alors qu’on les croirait sortir de notre actualité immédiate car, après tout, rien n’a changé."

Bien qu’elles soient connues de tous, Sylvain Tesson regrette que la plupart d’entre nous résument les œuvres d’Homère au cheval de Troie, les pleurs d’Ulysse ou l’œil du cyclope. Au point d’en oublier presque "les subtilités, les nuances, les histoires cachées et toute la manière dont Homère tisse la toile de la guerre, de l’amour, de la douceur, de la violence, du destin de l’homme"… Autant de notions intemporelles, universelles, faisant de l’Iliade et l’Odyssée des œuvres fondatrices de notre littérature occidentale.

En bon païen, Sylvain Tesson s’est rendu en Grèce pour appliquer "la leçon païenne", laquelle lui a permis "d’absorber l’air de la mer Égée, la lumière du soleil de la Grèce, de devenir lui-même le produit du paysage" et d’observer "la violence avec laquelle la nature peut tout à coup s’acharner à créer la tempête et l’orage".

En m’installant sur mon île, j’ai compris pourquoi le danger maritime est une obsession chez Homère.

Sylvain Tesson

à franceinfo

"Notre époque me terrifie un peu"

L’échange a également été l’occasion pour Jean-Mathieu Pernin de revenir sur l’image d’aventurier véhiculée par l’auteur. "On ne peut rien penser d’une image que l’on calque. Elle n’est qu’un écran derrière laquelle il y a autre chose", nuance Sylvain Tesson, qui rappelle cependant qu’il aime le mouvement et qu’il "essaie de faire de chaque moment une fête".


L’écrivain craint en outre la substitution du mystère de la vie, de son charme, de sa profondeur impliquée par les machines et l’avènement des nouvelles technologies qui concède néanmoins qu’elles nous aident au quotidien.

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