Guillaume de Tonquédec : "Il faut que les lecteurs reprennent les textes et les grands auteurs pour eux-mêmes"

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Guillaume de Tonquédec publie "Les Portes de mon imaginaire", un livre où le comédien et acteur fait part de son rapport à la lecture, d'abord tumultueux, pour s'améliorer ensuite au contact des rôles qu'il a joués au théâtre.

L’invité de cette Mise à jour n’a pas toujours été un grand lecteur. Il publie pourtant Les Portes de mon imaginaire, aux éditions de L’Observatoire, un livre plein d'imagination qui retrace le parcours de Guillaume de Tonquédec et nous donne à voir l’imaginaire du personnage de la série télévisée Fais pas ci, fais pas ça. Ce livre est l'occasion pour l'acteur aux multiples distinctions de redorer la lecture auprès de ceux qu'elle révulse par complexe ou manque d'intérêt.

Un imaginaire malmené

Selon lui, l’enseignement des arts aurait le pouvoir de changer le monde, à l'instar des comédiens qui ont ce rôle essentiel de faire circuler des idées. "Aujourd’hui, nous avons un problème avec l’imaginaire de nos auteurs", fait remarquer Guillaume de Tonquédec. "On ne leur donne pas les moyens financiers, humains, ni le temps d’aller au bout de leurs idées", regrette-t-il, en évoquant la confiance que l’on ne place parfois pas assez en ces artistes, les condamnant ainsi à réfréner leur expression. L’acteur prend un exemple la série Fais pas ci, fais pas ça dont il est l’un des protagonistes et indique que la scénariste de la série, Anne Giafferi, a reçu "carte blanche pour écrire ce qu’elle veut" dans la mesure où "ce qu’elle écrit plaît."

"Prenez votre culture en main"

Dans Les Portes de mon imaginaire, l’auteur fait référence à son rapport difficile à la lecture, lui qui a néanmoins dû apprendre un grand nombre de textes au cours de sa carrière : "Lorsque Caroline Glorion, qui est journaliste et scénariste, m’a proposé de faire ce livre, je m’apprêtais à refuser car cela a été une souffrance d’apprendre la lecture et l’orthographe par le passé." "Je me sentais absolument pas légitime pour répondre à une telle demande, explique Guillaume de Tonquédec. Puis je me suis dit que je pouvais utiliser ma popularité pour témoigner sur cette souffrance car plein d’enfants doivent vivre la même chose (…) et se dire 'c'est pas pour moi'. C’est un scandale absolu."

Le comédien réfute cette forme de culture lue et comprise "par le filtre de grands penseurs" : "Ceux qui m’énervent sont ceux qui se sont appropriés l'œuvre de Molière en affirmant qu'il a voulu exprimer telle ou telle chose. Cela n’a pas d’importance. Il a d’abord voulu être joué, parler à ses contemporains. C’est comme cela qu’il faut lire un texte de théâtre. La culture qu’on nous impose l’est par ces gens-là. Il faut que les lecteurs reprennent les textes et les grands auteurs pour eux-mêmes."  

Toutefois, ce lecteur "souffrant" reconnaît que certains livres manquent d’imaginaire et qu’ils peuvent manquer d'intérêt, contrairement à ceux qui sont capables stimuler l'imaginaire de chacun : "L’imaginaire des auteurs peut vous embarquer, à condition que l'on arrive à faire l’effort d’aller au-delà de ses difficultés. Cela peut être un voyage formidable."