Enki Bilal : "Sans mon smartphone, je suis handicapé"

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Le dessinateur, scénariste de BD, peintre, réalisateur Enki Bilal est l’invité de Mise à jour à l'occasion de la sortie de sa nouvelle bande dessinée, Bug, mercredi, chez Casterman.

La nouvelle bande dessinée d'Enki Bilal, Bug, sort ce mercredi 22 novembre chez Casterman. il est l'invité de Guy Birenbaum dans la Mise à jour du mercredi 22 novembre. L'histoire se passe en 2041. "Tout d’un coup, en une fraction de secondes, tout le numérique disparaît. Et ça commence avec une jeune fille, à Paris, dans une maison que l’on peut reconnaître, la Samaritaine, qui n’est plus un hôtel, ni un grand magasin, mais qui est devenu une résidence", explique l'auteur de la BD.

Du bug numérique au "chaos absolu"

"Cette jeune fille dit à sa mère : 'Maman, je n’ai plus rien sur mon iPhone, je n’arrive pas à me connecter'. La situation, on la connaît tous. Et là, la mère lui dit :  c’est très grave et effectivement, des informations commencent à affluer en hertzien, donc, il n’y a plus de numérique, et on se rend compte qu’il n’y a plus rien nulle part, que le monde est à l’arrêt, totalement asséché. À partir de ce moment-là, c’est le chaos absolu. Mais moi je ne montre pas le chaos, je l’évoque éventuellement par quelques touches", poursuit Enki Bilal.

Enki Bilal décrit ce qui se passerait si le numérique plantait, ville par ville. Par exemple, dans les hôpitaux. "Tout d’un coup, un hôpital à l’arrêt, c’est quand même une catastrophe, quand on sait la matière numérique qui y sera implantée, même si l’hôpital va mal, et qu’on n'a pas assez de numérique. Les opérations de demain, c’est des robots, etc.", décrit-il. Idem pour les ascenseurs, les avions, les voitures, les banques. "Que devient l'argent, comment fait-on ses courses au supermarché", s'interroge Enki Bilal. "C'est le début du chaos, chacun se sert", poursuit-ilLe monde qu'il décrit n'est pas si éloigné de notre époque actuelle et c'est volontaire.

Les dessins, l’ambiance, l’atmosphère générale, ce n’est pas du tout une atmosphère futuriste. Volontairement, on est dans quelque chose d’à peine décalé

Enki Bilal

franceinfo

Et si on lui enlève son smartphone ? "Je suis handicapé, je m’en veux un peu. Le reste, par contre, je ne suis pas du tout. Les réseaux sociaux, je n’y suis pas", confie le dessinateur.

Et si Enki Bilal devait faire une mise à jour, que voudrait-elle corriger, modifier ou effacer ? "J’ai déjà pris le soin d’effacer. J’ai une mémoire abrasive. Je garde l’espace nécessaire pour des mises à jour personnelles et des mises à jour qui me font regarder devant (…) Finalement, pourquoi je m’intéresse au futur proche, c’est parce que précisément j’ai gardé de l’espace, donc, j’ai débarrassé mon disque dur de ce qui m’encombrait, de ce qui n’a pas de place, donc je n’accumule pas, au fil des années je n’accumule pas, je trie. J’ai toujours de la place pour les nouvelles mises à jour."

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