Béatrice Robrolle, apicultrice : "Il était compliqué d'être pris au sérieux avec nos problèmes d'abeilles"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Béatrice Robrolle, fondatrice de l'ONG terre d'abeilles et à la tête de la Maison des abeilles (Indre) est l'invitée de la Mise à jour, de Guy Birenbaum.

Béatrice Robrolle est apicultrice et son métier n'a rien d'une découverte, puisqu'elle arrière-petite-fille d'apiculteur, petite fille d'apiculteur et fille d'apiculteur... Côté père et côté mère. "Je suis née parmi les abeilles !" De son métier, elle a fait une cause, puisqu'elle est présidente de l'ONG Terre d'abeilles, avec laquelle elle se bat contre les pesticides et les menaces qui pèsent sur ces insectes. "La pollinisation est fondamentale. L'abeille est à l'origine de la biodiversité, elle permet d'assurer nos ressources alimentaires. Le scandale majeur remonte, en France, aux années 90 à la suite des autorisations de mise sur le marché d'insecticides nouvelle génération, les néonicotinoïdes. C'est un problème mondial."

Les néonicotinoïdes sont des substances neurotoxiques qui, en s'attaquant au système nerveux des insectes, ont contribué au déclin des abeilles constaté notamment en Europe et en Amérique du Nord. Béatrice Robrolle assume un rôle de lanceuse d'alerte. "C'est un problème environnemental et sanitaire majeur. On ne peut pas, quand on en a la connaissance, rester muet. Il fallait révéler, dénoncer et proposer des solutions.(...) La reconnaissance de la menace qui pèse sur les abeilles n'est pas allée de soi, et le rapport avec les politiques. "Il était compliqué d'être pris au sérieux avec nos problèmes d'abeilles... Après tout, personne ne les voit, à part les apiculteurs."

Béatrice Robrolle s'est frottée à la politique et s'est présentée sur une liste Europe citoyenne de Corinne Lepage aux élections européennes de 2014 et en garde un souvenir désabusé. "On vit dans une fausse démocratie, il n'y a aucune place pour un mouvement émergent." Elle estime que le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot est "dans une situation compliquée". "Ce qu'a révélé la disparition des abeilles, c'est qu'on ne peut plus dissocier l'environnement et l'agriculture. Il est ministre de l'Ecologie mais ce ministère devrait comprendre l'agriculture."

Et si elle devait faire une mise à jour, que voudrait corriger, modifier ou effacer Béatrice Robrolle ? "Il faut donner de la voix aux lanceurs d'alertes, nous avons besoin du soutien du grand public."