Micro européen. Sergueï Lavrov, l’héritier russe de Talleyrand ?

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La diplomatie russe est bicéphale, une tête regarde vers l’Occident et l’autre vers l’Orient.

La diplomatie russe s’est inscrite dans l’histoire. Au XIXe siècle sous le règne du tsar Alexandre Ier de Russie, le célèbre ministre des Affaires étrangères est Ioannis Kapodistrias. Né à Corfou, il marquera sa présence au Congrès de Vienne en tant que membre de la délégation russe, puis deviendra le ministre du tsar, à partir de 1816. Il quittera la diplomatie impériale russe en 1822 pour s’engager dans la guerre d’indépendance grecque.

Un peu d'histoire 

Sous le règne d'Alexandre II, Alexandre Gortchakov deviendra ministre des Affaires étrangères et marquera l’histoire de la Russie en ayant restauré cette dernière face aux puissances européennes après la défaite de la guerre de Crimée. Il sera le premier à avoir utilisé le terme "d'homme malade de l'Europe" en désignant l’Empire ottoman déclinant.

Son successeur sera Nicolas de Giers, sous le Tsar Alexandre III, un ministre des Affaires étrangères d’importance, qui signera l’accord de préparation en 1892 de l’Alliance franco-russe ratifiée en 1894. Puis Sergueï Sazonov sous le règne du tsar Nicolas II, sera un ministre des Affaires étrangères qui s’opposera au bolchévisme, et à la chute du tsar, il deviendra le ministre des Affaires étrangères de l’amiral Koltchak et représentera en 1919 le mouvement des blancs tsaristes à la conférence de la paix de Paris.

La diplomatie soviétique

Parmi les différents ministres des affaires étrangères de l’URSS, la première figure est celle de Gueorgui Vassilievitch Tchitcherine qui se maintiendra au poste de commissaire du peuple aux Affaires étrangères de 1918 à 1930. Puis l’homme fort de la diplomatie soviétique sera Viatcheslav Molotov, l’homme du pacte germano-soviétique, celui que l’on appelait "Monsieur Niet".

Enfin, l’autre homme fort de la diplomatie soviétique s’appelle Andreï Gromyko que l’on pourrait présenter comme "l’inoxydable Gromyko". Conseiller à l’ambassade de l’URSS aux USA de 1939 à 1943, il en devint l’ambassadeur de 1943 à 1946. Il quitta Washington pour New York en 1946 et devint ambassadeur de l’URSS au Conseil de sécurité des Nations Unies. Après un rapide passage à Londres comme ambassadeur de 1952 à 1953, Andreï Gromyko fut le ministre des affaires étrangères de l’URSS sans discontinuer de 1957 à 1985, soit sous Nikita Khrouchtchev, Leonid Brejnev, Youri Andropov et Konstantin Tchernenko. 

L’ère de la perestroïka

Sous Mikhaïl Gorbatchev, une nouvelle figure apparaît dans la diplomatie russe, il s’agit d’Edouard Chevardnadze. Ministre des Affaires étrangères de 1985 à 1990, puis président de Géorgie de 1992 à 2003. Edouard Chevardnadze, ministre de Mikhaïl Gorbatchev est un des partisans de la perestroïka, en août 1991, lors de la tentative de putsch, Chevardnadze soutiendra Boris Eltsine.

Lavrov, l’homme fort de la "diplomatie poutinienne"

Diplômé, comme notre invité Vladimir Fedorovski, du célèbre MGIMO, l’Institut d'État des relations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS, Московский государственный институт международных отношений, Sergueï Lavrov, diplomate de carrière s’inscrit dans la longue tradition diplomatique russe de la puissance russe. Vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie de 1992 à 1994 sous Boris Eltsine, il est le représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'ONU de 1994 à 2004, dont il laissera un très bon souvenir.

Lavrov devint ministre des Affaires étrangères de la Russie le 9 mars 2004. Homme fort de la diplomatie de Vladimir Poutine, on le surnomme "Minister Niet" tant ses positions de blocages sont connues. Une majorité d’experts en Europe et outre-Atlantique le reconnaissent comme le meilleur ministre des Affaires étrangères du monde occidental, fin diplomate, rusé négociateur et pièce maîtresse du gouvernement actuel russe.

Nikos Kotzias, ministre grec des Affaires étrangères le présente comme l’un des meilleurs diplomates sur l’arène politique mondiale. Lors de la 55e conférence sur la sécurité de Munich en 2019, Sergueï Lavrov est apparu comme le grand vainqueur.

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