Micro européen. Le Portugal aussi en état d’urgence sanitaire

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À l'heure d'un net regain de l'épidémie de Covid-19 au Portugal et d'une situation économique à nouveau délicate, José-Manuel Lamarque recoit aujourd'hui la journaliste Ana Navarro Pedro, correspondante à Paris. Le gouvernement portugais se veut rassurant.

Le premier confinement au Portugal, comme en Grèce, avait évité au pays d'être durement frappé, comme nous l’explique notre invitée, Ana Navarro Pedro, journaliste portugaise.

Pour une population de plus 10 millions d’habitants, le Portugal totalise 109 541 cas confirmés, pour 2 245 décès. La semaine passée, 2 608 nouveaux cas en 24 heures avaient provoqué la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, soit l’état de calamité au Portugal depuis le mercredi 14 octobre, les régions les plus touchées étant Lisbonne et ses alentours, ainsi que le nord du Portugal.

Ceci signifie une limitation de mouvements pour les Portugais, et à venir, des mesures contraignantes pour une quinzaine de jours. Concernant les rassemblements, ceux-ci sont dorénavant limités à 5 personnes dans les lieux publics, et moins de 50 personnes dans les lieux privés, avec toujours le port du masque qui est vivement recommandé dans tout l’espace public.

Un gouvernement qui veut à tout prix éviter une crise économique

La déclaration du Premier ministre António Costa, le 14 octobre dernier, a été accompagnée de nombreuses décisions, mais le Portugal a à sa tête un gouvernement qui s’est toujours voulu rassurant auprès de la population. Les mesures adoptées en Conseil des ministres, face à la propagation du virus, concerne les rassemblements cités plus haut, la probabilité de nouvelles règles locales, le non-respect des mesures sera sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 10.000 euros, et une loi est en préparation au parlement rendant obligatoire le port du masque sur la voie publique, ainsi que l’utilisation d’une application dans les établissements scolaires et dans les entreprises.

Mais l’autre volonté du gouvernement portugais, c’est d’éviter une interruption brutale de toutes activités économiques, d’enseignement ou sociales, afin de permettre au pays de faire face à une crise économique déjà engagée. 

Stay Away Covid, l’application portugaise qui fait scandale

Le gouvernement portugais veut rendre obligatoire le téléchargement de l’application de traçage Stay Away Covid. Pour l’instant, rien n’est encore fait puisque le parlement doit légiférer afin que cette application soit rendue obligatoire, ainsi que le port du masque.

Pour le Premier ministre, António Costa, le traçage de l’épidémie devient une priorité, afin de mieux la contrôler. Mais la décision du Premier ministre suscite un tollé au sein de la classe politique portugaise, ainsi qu’une opposition de la Commission nationale de la protection des données, qui estime que l’obligation de cette application peut être une atteinte au respect de la vie privée, entre autres.

Des voix s’élèvent au Portugal contre l’obligation de cette application mettant en avant l’aspect anti-constitutionnel de cette décision du premier ministre. D’autres encore rappellent que le Portugal serait ainsi le premier état membre de l’Union européenne à rendre obligatoire une telle application, alors que les autorités communautaires recommandent une utilisation volontaire d’une telle application.   

 

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