Micro européen. L’Autriche et son encombrant ministre

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Une affaire à l'odeur de soufre. Un ministre qui dérange de nombreux responsables politiques européens.

Depuis octobre, l’Autriche connaît des manifestations contre le gouvernement conservateur de Sebastian Kurz. Il est accusé de jouer le jeu de l’extrême droite, car deux ministères, celui de l’Intérieur et de la Défense, ont été attribués à des membres du FPÖ, le parti populiste autrichien.

Or, une affaire tourne autour du ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl, et secoue actuellement la coalition gouvernementale entre le parti conservateur (ÖVP) et les nationaux-populistes du FPÖ, comme le rappelle notre confrère autrichien Danny Leder, correspondant à Paris du quotidien autrichien "Kurier".

Méfiance européenne à l’égard de l’Autriche

Depuis un certain temps, sans que ce soit affirmé publiquement, de nombreux services de sécurité européens, dont les services britanniques, allemands et néerlandais, ont gelé leurs contacts avec leurs homologues autrichiens. Par ailleurs, les représentants autrichiens ne sont plus invités au "Club de Berne", une instance d’échange de renseignement européen. Cette instance émet des doutes quant à la proximité du parti FPÖ et les autorités russes.

Des doutes justifiés ?

Il faut dire que cette méfiance a été déclenchée par les agissements du ministre de l’Intérieur autrichien, Herbert Kickl. Membre de l’aile dure du FPÖ, Herbert Kickl a procédé à une épuration au sein de son ministère et a réussi à démanteler de facto l’Office fédéral de la protection de la constitution et de la lutte contre le terrorisme.

Ce service était jusqu’alors dirigé par des fonctionnaires principalement liés aux conservateurs qui échappaient au contrôle direct de Kickl. C’est la raison pour laquelle des responsables politiques européens ont préféré que la coopération sécuritaire avec le ministre de l’Intérieur autrichien devait être gelée.

De Vienne à Christchurch

Cette affaire a connu en Autriche un rebondissement spectaculaire suite aux attentats récents perpétrés en Nouvelle-Zélande, car le terroriste d’ultra-droite qui a commis le massacre dans les mosquées de Christchurch était en lien avec les groupuscules des "Identitaires", notamment en France et en Autriche.

Des investigations en Autriche visent le mouvement identitaire autrichien, l'IBÖ, et c’est ici que le bât blesse pour le gouvernement conservateur car l’IBÖ est idéologiquement très proche du FPÖ. Comment le chancelier Sebastian Kurz se sortira de ce guêpier ? La question reste ouverte sur les bords du Danube.  

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