Micro européen. La Pologne, si proche et si lointaine…

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L’incontournable partenaire européen, la Pologne.

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, le monde croyait voir la renaissance de la Pologne. Mais la Pologne vivotait dans un semblant de démocratie tant la première guerre avait été cruelle, et au cours des années, les deux puissants voisins, Allemagne et URSS, ne rassuraient point les Polonais. Il y avait bien les alliés éternels, la France, le Royaume Uni, quelque part la France d’abord. Ainsi Varsovie devenait la ville où il fallait être, une douceur de vivre s’installait en Pologne, ce que ne n’aurait jamais démenti un jeune et fringant officier français, Charles de Gaulle.

Dès 1926, le général Józef Piłsudski s’installait aux commandes du pays par un coup d’État

Le vieux général maintenait l’ordre et l’équilibre du pays, autant que se pouvait la réalité internationale. Puis ce fut la Seconde Guerre mondiale, un pays partagé, ravagé par la guerre, le ghetto de Varsovie, la résistance en Pologne et à Londres, et enfin la libération du pays, avec en prime l’occupation de ce dernier par le grand frère soviétique. Le glacis s’installait.

Il fallait enfin attendre la venue d’un certain Karol Wojtyla, Jean-Paul II qui lançait à la face du monde "non avete paura", "n’ayez pas peur", puis, Solidarnosc pour que le monde découvre la renaissance de la Pologne. Ce pays privé d’état pendant 123 ans se retrouvait aux côtés des grands de ce monde. Vraiment, il ne fallait pas avoir peur !

Une Pologne européenne

Pays aux racines judéo-chrétiennes et européennes, la Pologne rejoignait l’Union européenne le 1er mai 2004. Aujourd’hui 83% des Polonais sont en faveur de l’Union européenne, et ne peuvent imaginer leur futur sans l’UE. Mais cette Europe ils la veulent forte et unie, avec un vrai pouvoir économique, politique et militaire. Il faut dire que le Président du Conseil européen, Donald Tusk, ne fait pas démentir les européistes de son pays. Il est une des rares autorités de Bruxelles à posséder et utiliser son parler "vrai" au lieu de se perdre dans des circonvolutions néfastes pour le futur de l’UE.

Ainsi donc, la Pologne n’est pas un mauvais élève de l’UE, même si l’UE l’a bien aidée, et même si Varsovie tente bien souvent de se détacher de temps à autre de la ligne européenne bruxelloise. Très bons indicateurs économiques, taux de chômage le plus bas dans l’UE, la Pologne ne peut- être montrée du doigt tant les Polonais ont le désir de vivre avec et pas sans l’UE.

Quid des élections européennes ?

Il faut dire qu’une large question se pose concernant Varsovie. La capitale polonaise ne cache pas ses relations avec Washington et l’Otan, mais tient tout autant à Bruxelles. En somme, ses choix ne sont pas ancrés définitivement ; Varsovie profite du flou politique international actuel pour décider à sa guise sa politique étrangères dans et hors de l’Europe. Croissance, protection, sécurité économique, ces termes ne quittent jamais l’esprit varsovien.

Le rendez-vous électoral européen sera une première étape dans l’année politique polonaise. Même si les Polonais avouent ne pas savoir pour qui voter aux européennes, même si le libre-échange, les fonds européens et la question des migrants font que les Polonais se sentent concernés, 10 listes se présentent à ces élections sur tout l’échiquier politique, des conservateurs à une gauche dite moderne, voire une liste du genre "parti pirate". Le nuancier politique polonais est en place pour cette fin mai 2019.

L’UE attend simplement que tous les Polonais se déplacent aux urnes, surtout les jeunes qui sont les premiers bénéficiaires de la manne bruxelloise. Ce scrutin sera aussi une grande répétition avant les échéances nationales de l’automne, élections test de mai ou baromètre électoral polonais pour la rentrée 2019. 

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