Micro européen. L'incontournable Monsieur Erdogan

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Recep Tayyip Erdoğan est aujourd'hui un homme clé de la géopolitique internationale.

Dans le contexte européen aux portes du Moyen Orient, le président turc s'est aménagé une place aujourd'hui qui le rend inévitable. Que ce soit avec l'Union européenne, la Russie, la Syrie, l'Iran et les Etats-Unis, sans oublier l'Ukraine, Recep Tayyip Erdoğan est aujourd'hui un homme clé de la géopolitique internationale.

L'homme qui dit "non" à Trump

L'autocrate d'Ankara n'hésite plus à narguer le président américain. Il n'a pas hésité cette semaine à snober le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton, en refusant de le rencontrer lors de son passage dans la capitale turque, partant du principe que le retrait américain de Syrie s'accompagne d'un plaidoyer en faveur des Kurdes, sujet tabou pour Erdoğan qui les considère comme des terroristes.

Le "Monsieur bons offices" de l'Europe centrale

Face au conflit entre Kiev et Moscou, Recep Tayyip Erdoğan n'hésite pas à se propose comme "Le" médiateur entre les deux capitales afin de trouver une sortie honorable pour les deux parties, tout en appuyant et mettant en avant les Tatars de Crimée qui lui seraient favorables, dans la région.

L'homme des Balkans

Recep Tayyip Erdoğan est aussi celui qui se rend en Bosnie-Herzégovine pour soutenir les Bosniaques et la mise en place d'un état très islamisé, tout en s'affichant à Skopje et maintenant la pression sur Athènes pour une reconnaissance du nom de Macédoine ou Macédoine du nord, état voisin de la Grèce qui suscite bien des oppositions chez les Grecs. Il faut dire que Recep Tayyip Erdoğan ne doute de rien en menaçant la Grèce, soit par un survol constant de l'espace aérien grec par les avions de chasse turcs, ou encore en réclamant sa part des îlots grecs bordant les côtes turques.

L'homme partenaire de Moscou et de Téhéran

Concernant la résolution du conflit syrien, Recep Tayyip Erdoğan fait bégayer l'histoire en maintenant un dialogue constant avec Moscou et Téhéran. Il est aussi celui qui nargue Riyad depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat d'Arabie Saoudite d'Istanbul, mettant à mal Riyad en protestant face à ce crime perpétré sur le sol turc et attisant le courroux de Washington contre la monarchie pétrolière.

L'homme de Chypre nord

Concernant la question chypriote, la question est réglée pour Erdoğan, c'est Non ! La Turquie ne quittera jamais Chypre, Chypre sera toujours divisée en deux parties, l'une membre de l'Union européenne, la République de Chypre, et l'autre seulement reconnue par Ankara, la République turque de Chypre nord ; alors que l'ensemble de l'île est considérée comme membre de l'UE. Mais Erdoğan va plus loin en s'ingérant dorénavant dans les forages effectués sur les côtes chypriotes, réclamant aussi son dû.

L'homme de la barrière

Enfin, si Recep Tayyip Erdoğan se permet d'être omniprésent à la périphérie de la Turquie, c'est parce qu'il tient à la gorge l'Union européenne. Il maintient sa main sur la barrière frontalière entre la Turquie et la Grèce, et n'hésiterait pas à la lever, laissant passer encore plus de migrants vers l'Europe, si jamais cette dernière se risquait à lui déplaire.

A n'en pas douter, Recep Tayyip Erdoğan est devenu incontournable, mais pas infaillible !

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