Micro européen. ISF et taxe d'habitation : peut-on parler de transformation fiscale ?

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La loi de finances pour 2018 est dans la phase finale avant son adoption définitive avant Noël.

Les députés et sénateurs ont déjà voté la suppression de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune), une mesure très discutée en France. Comment ce débat est-il vu par la presse européenne ? Les réponses de Leo Klimm, correspondant du journal allemand Süddeutsche Zeitung et d'Anna-Maria Merlo Poli, du journal italien Il Manifesto.

Une mesure symbolique

Les deux correspondants sont d'accord : cette suppression de l'ISF est une mesure symbolique, car le produit de cet impôt, 5 milliards d'euros, est peu important au regard du budget. Symbolique aussi parce que "La France a besoin de montrer qu'elle dépassionne son rapport à la richesse", selon Leo Klimm. "On met une passion incroyable sur un truc qui est tout petit", ajoute Anna-Maria Merlo Poli, alors qu'on "devrait mener d'autres batailles", comme la lutte contre l'évasion fiscale des multinationales.

Il faut dire que le gouvernement a mené deux choses en même temps : la suppression de l'ISF et la diminution de l'APL (aide personnalisée au logement) de 5 euros par mois, ce qui a été "mal perçu".

Il faudrait dans la loi plus d'incitations et de leviers pour investir en France "le capital libéré"

Sur le plan fiscal, il faudrait aussi un programme à l'échelle européenne, car des pays imposent moins que d'autres ; l'époque est actuellement "au taux fiscal bas", ce qui crée de la concurrence.

Dans la même loi, il est prévu la fin, en trois ans, de la taxe d'habitation pour 80% des ménages. Si cette mesure est bien structurelle, elle va peser en tout cas sur les communes et les collectivités territoriales. C'est ce que l'on a vu en Italie, où les communes n'ont plus d'argent et diminuent leurs budgets sociaux.

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