Micro européen. Aquarius : la nouvelle attitude italienne sur les migrants

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Après le refus de Rome d'autoriser le débarquement des migrants de "L'Aquarius" dans un port italien, l'Espagne va accueillir les 629 rescapés. Un refus qui a suscité de nombreuses critiques en Europe. 

L'affaire du refus de l'Italie, qui n'a pas voulu accueillir dans ses ports le bateau de l'ONG SOS Méditerranée et ses 629 migrants, a soulevé de nombreuses réactions en Europe, au moment où les 28 états membres ont du mal à se mettre d'accord sur la gestion des migrations. La décision de Matteo Salvini, nouveau ministre italien de l'Intérieur marque-t-elle un tournant ? Réponse d'Anna-Maria Merlo Poli, correspondante du journal Il Manifesto.

"Un tournant, une faillite morale"

Pour Anna-Maria Merlo Poli, "on assiste à une faillite morale, on n'avait jamais vu ça." Même si l'Italie a pu, à certains moments, ralentir le rythme de l'accueil, "là, c'est un tournant". Matteo Salvini a "voulu faire un coup," ajoute la correspondante, qui rappelle que l'Italie a elle-même une histoire liée à l'émigration de ses propres ressortissants.

Mais il y a un contexte

La crise économique conjuguée à la crise migratoire a donné lieu à un sentiment de précarisation économique et d'insécurité. L'extrême droite italienne a ensuite rejeté la faute sur les migrants. Mais ce n'est pas l'opinion de toute l'Italie.

Comme les gouvernements précédents, celui de Giuseppe Conte réclame une répartition et demande à ses partenaires européens d'accueillir des réfugiés et migrants. Mais la contradiction est qu'il s'allie en même temps avec les pays de Visegrád (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) eux-mêmes opposés aux quotas de répartition. 

"Hypocrisie" française

Emmanuel Macron a qualifié "d'irresponsable" la position italienne sur l'Aquarius, ce qui a amené une réponse vive de Matteo Salvini, sur "l'hypocrisie" française.

Mais la France est souvent critiquée en Italie : le contentieux porte sur la concurrence en Libye de Total et Eni. À quoi s'ajoutent la tension autour de la frontière franco-italienne et le refoulement par la France des migrants dans la région de Vintimille et dans les montagnes au-dessus.

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