Ma vie d'après. Les protéines végétales

Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Mercredi, Neila Latrous est une graine d'avoine.

Imaginez ce barbecue d’été, les fous rires entre copains, les enfants qui courent autour de la piscine et sur le grill, des chipolatas de pois chiche. Oui, des chipolatas de pois chiche, car je suis l’homme qui veut vous faire aimer la viande alternative. Ou plus précisément, des substituts à la viande à base de protéines végétales. Je m’appelle Ethan Brown, j’ai 48 ans, et il y a dix ans j’ai fondé Beyond Meat. Une start-up qui transforme les protéines que l’on trouve dans les lentilles ou les pois jaunes, pour en faire des saucisses, des nuggets ou des steaks, dont la texture et la saveur se rapprochent de celles de la vraie viande animale.

Surfer sur la crainte de manger ce qui est d’origine animale

Pourquoi je vous parle de Beyond Meat ? Parce qu’avec le Covid-19, l’action de l’entreprise s’est envolée à Wall Street, tout comme celles de ses concurrents.
Ces entreprises surfent sur la crainte de manger à nouveau ce qui est d’origine animale. On a vu des foyers d’infection apparaître dans des abattoirs. D’où l’engouement croissant pour une nourriture aseptisée, sortie des labos. Mais il y a un mais, pour le chef Youssef Gastli du restaurant Plume, à Paris : "Tout ce qui est steak végétal, personnellement, je n'y crois pas du tout. Ça reste quand même un produit qui est transformé dans des usines et de manière complètement industrielle. Il vaut mieux manger un vrai steak de vache dont on connaît la traçabilité, l'origine, les conditions d'élevage et les conditions d'abattage.'' Mais pour autant, peut-on tout préparer avec des protéines végétales ? Petit cours de cuisine avec Youssef Gastli : "On va faire bouillir du pois chiche. Il reste de l'eau et cette eau de cuisson peut remplacer un peu la fonction que peut avoir un blanc d'oeuf."

Les protéines végétales en tête du véganisme

Pour revenir aux protéines végétales, elles sont au coeur de ce que l’on appelle le véganisme. En France, 340 000 personnes se déclaraient vegan il y a deux ans. Et vraisemblablement, ce nombre augmente rapidement. J’en veux pour preuve la newsletter hebdomadaire lancée il y a un an par Laurence Pieau, et qui compte déjà 100 000 abonnés. Laurence Pieau, c’est la créatrice du site alternative-vegan.com. Elle a aussi conçu un parcours nutritionnel pour que le tout végétal ne se traduise pas en carences alimentaires : "Le problème en France est moins une carence en protéines que le fait au contraire d'être sur-carancé en protéines et c'est pour cela que j'ai lancé le programme. Quand les gens se rendent compte que ce n'est pas compliqué comme on leur a fait croire, le pas est assez vite passé."

Au-delà de ces enjeux de consommation, la protéine revêt un aspect politique. C’est Emmanuel Macron lui-même qui l’a dit l’an dernier, au G7 de Biarritz :  "L’Europe doit retrouver sa souveraineté protéinique", avait déclaré le Président français. De nouvelles annonces doivent être faites à la rentrée.

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