Ma vie d'après. Le vestiaire

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Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Mardi, Neila est l'incontournable pièce qui se trouve à côté d'un endroit où un sport est pratiqué : le vestiaire.

En ce jour historique pour le Paris Saint-Germain., je suis le vestiaire. Le vestiaire de football nettoyé, récuré, désinfecté avec soin, plusieurs fois par jour. Un nombre limité de personnes autorisées à y entrer, pour respecter la distance physique : 4m² par personne. Port du masque obligatoire en dehors des douches. Ce sont les règles édictées par la Fédération française de football dans son protocole de reprise des compétitions. Interdiction de traîner dans le vestiaire, la durée de passage avant et après match est réduite. Sur le papier des mesures de bon sens, mais...  Pierre-Antoine Patte, entraîneur des moins de 12 ans au LOSC, à Lille donc : "Quand vous avez des effectifs de 15 à 20 joueurs. Il faudrait des vestiaires de 60 à 80m². C'est tout bonnement impossible. De notre côté, c'est : 'arrivez habillé, repartez habillé'." Ses joueurs n’ont pas retrouvé le chemin du vestiaire pour l’instant.

Le vestiaire ne sert pas qu'à se changer

 
Le vestiaire, un “lieu de vie”, insiste Pierre-Antoine. Bien plus que cet endroit où l’on se change, où l’on prend sa douche. C’est là où le coach passe des messages à son équipe. Avant le match, à la mi-temps, un rituel un peu chamboulé du coup : "Ça va se passer dehors. Après, on se mettra à l'écart, à l'écart du monde qu'il peut y avoir. Si il pleut dans des endroits abrités. Ce sera à l'air libre. Il n'y a pas d'autres solutions de toutes façons." Pierre-Antoine Patte, et d’autres coachs dans sa situation, s’accrochent à l’espoir que le protocole soit allégé en cas d’amélioration de la situation sanitaire. Pour revenir à la gestion du vestiaire, la problématique se pose évidemment à tous les sports, individuels ou collectifs et bien au-delà, à tous ces lieux où il faut se délester de ses effets personnels.
 
Des musées, comme le Louvre par exemple, ont supprimé le système de consignes, où l’on déposait avant son manteau, sa valise, son casque de vélo, le temps de la visite. Idem au Spa d’Opale, au Grand Hôtel du Touquet, où le vestiaire a disparu, explique Stéphanie : "Désormais on demande aux clients de descendre directement avec leurs serviettes. Pour les clients extérieurs, de se changer directement en cabine et de venir également avec leurs serviettes. C'est ce qu'on nous a demandé pour les nouvelles normes sanitaires." Cela peut sembler anecdotique, mais toute cette branche d’activité (spa, thalasso, balnéothérapie, cures thermales) peine à rebondir. Les vestiaires fermés, ça peut en décourager certains. Ce sont aussi des lieux clos, moites, chauds, où le port du masque est moins évident, la distance physique aussi.
 
Pour l’activité thermale en particulier, la clientèle est par essence âgée, plutôt fragile. Elle vient se soigner. Un très fort besoin de réassurance qui fait que pour l’instant, le secteur peine à sortir la tête de l’eau. Les stations thermales s’attendent à 50% de baisse de leur activité cette année.
 

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