Ma vie d'après. Le meeting politique

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Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Les metings politiques aux USA en vue de la prochaine élection présidentielle, les universités d'été en France des partis font réagir Neila Latrous.

L’hymne américain, chanté par des enfants, à la convention démocrate, qui laisse place lundi à celle des Républicains. Deux conventions tenues par vidéoconférence, Covid-19 oblige. Et je suis quant à moi ces centaines de meetings qui n'auront donc pas lieu, cette année. En 2016, Hillary Clinton avait tenu 278 réunions publiques, 302 pour Donald Trump, lequel avait signé un record d’affluence dans l’Alabama :  28 000 personnes rassemblées dans un stade.
Rien de tel cette année, et c’est dans un stade pratiquement vide de Wilmington dans le Delaware, que le candidat Joe Biden a clôturé vendredi 20 août la convention démocrate : "Ne vous y trompez pas. Ensemble nous pouvons et nous allons surmonter cette période sombre en Amérique. Donc, c'est avec un grand honneur et beaucoup d'humilité que j'accepte cette nomination pour devenir président des États-Unis."
 
En France, seul le MoDem opte cette année pour une rentrée 100% virtuelle. Les autres partis organisent des universités d’été,  dans des formats remaniés. Les Verts par exemple, pas plus de 500 personnes en même temps à La Cité Fertile de Pantin, en région parisienne, où se tiennent les journées d’été. Ça valait le coup de maintenir le rendez-vous, pour l’eurodéputé David Cormand : "On avait prévu, dès l'origine, compte tenu de la crise sanitaire dans laquelle nous sommes, même de faire 100% numérique. Après, vous savez, la politique et la vie sociale en général c'est aussi pouvoir, en général, avoir des interactions." 

"Le meeting, c'est un moment, un espace, un esprit, une ambiance..."

Olivier Ubéda, consultant en stratégie politique et publique, voit une similitude avec le spectacle vivant : "C'est exactement comme écouter un disque, puis voir le concert en live." Olivier Ubéda était l’organisateur des meetings de Nicolas Sarkozy en 2007 : "Il n'y a pas de communion tant qu'il n'y a pas de charnel. Le meeting, c'est un moment, un espace, un esprit, une ambiance. Rien que l'entrée du candidat, c'est quelque chose que l'on travaille pour que tous les sens soient en éveil. Ce que l'on voit, ce que l'on entend.." La virtualisation de la vie politique la question de la citoyenneté numérique, qui n’existe pas à ce jour. Par essence, le web est un espace ouvert, pas limité géographiquement. L’internaute, auquel le politique s’adresse, n’est pas forcément un électeur du pays. Le deuxième enjeu, c’est celui des algorithmes, qui sur les réseaux sociaux reposent grandement sur des bulles de contact. Qui privent dans une certaine mesure de la rencontre avec une opinion divergente. Et puis surtout, c’est un terrain de jeu pour les professionnels capables de jouer des algorithmes, de gérer un portefeuille d’identités pour favoriser telle ou telle opinion.
 
Emmanuel Macron souhaite une Agence européenne de protection des démocraties, pour que chaque État membre puisse protéger son processus électoral des cyberattaques et manipulations. Elle n’existe pas pour l’instant.
 

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