Ma vie d'après. Le cannabis

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Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Lundi, Neila est un plant de cannabis.

Je suis ce drôle de point commun entre le ministre libanais de l’Économie et Pablo Escobar, le baron colombien de la drogue. La réponse n’est pas forcément évidente, je suis… la drogue, justement. Au printemps dernier, en pleine épidémie de coronavirus, quand la France s’interrogeait sur ses stocks de masque, le Liban légalisait la culture de cannabis à usage médical. Soyons très clairs : aucun rapport avec le traitement du Covid-19.

Non, le cannabis, c’est plutôt le remède à la crise économique. Le pays va très mal, il ne peut plus rembourser sa dette, qui atteint un niveau stratosphérique : 170% du PIB. Le cannabis est la solution, à en croire le professeur Mustapha Haidar. Il enseigne à l’université américaine de Beyrouth, et notre confrère de France 2 Franck Geneauzau l'a rencontré : "Avec le réchauffement climatique, le pays souffre de la sécheresse. Alors il faut privilégier les cultures peu gourmandes en eau. Voilà pourquoi le cannabis est la meilleure alternative."

Un marché mondial estimé à 350 milliards de dollars

Peut-on financer la relance par le chanvre ? Le débat fait rage dans plusieurs pays, car selon les sources et les estimations, le marché mondial du cannabis pèse jusqu’à 350 milliards de dollars. Cela fait beaucoup d’argent. En France, on assiste à un assouplissement certain. Cinq villes, comme Lille ou Reims, testent des amendes pour les fumeurs de joints, au lieu de poursuites pénales. Des amendes élevées, cela dit : jusqu’à 450 euros.

Il faut savoir que la France est détentrice du record européen du nombre de consommateurs. Cinq millions de fumeurs de joints en 2017, 700 000 usagers quotidiens. Ces chiffres n'ont pas échappé à cette soixantaine d’élus de tout bord – droite, gauche, centre, écolos – qui réclament que le cannabis soit légalisé au plus vite en France.

C'est un produit qui peut être cultivé dans nombre de territoires qui sont en déshérence, donc recréer de l'économie locale.

François-Michel Lambert, député

Parmi eux, le député François-Michel Lambert : "Nous proposons que ça soit un monopole d'État. On a connu la Seita, la régie d'État qui encadrait la production et la vente de tabac, il nous faut une régie du cannabis. Plusieurs chiffrages, le mien, et celui d'organismes indépendants, proches du gouvernement, estiment que ça peut être 50 000 emplois crées, que c'est 2,5 milliards de fiscalité. Le cannabis a aussi une propriété de régénération des sols, de captation de CO2." Ce n’est qu’une question de temps, pour François-Michel Lambert. D’ici là, vous l’aurez compris, pour le consommateur français, l’herbe reste plus verte ailleurs.

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