Ma vie d'après. Kevin Mayer, le patron de TikTok

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Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Lundi, Neila Latrous est l'américain Kevin Mayer.

Je suis l’américain Kevin Mayer, 20 ans de plus que l'athlète français qui porte le même nom. Je suis le nouveau patron de TikTok, l’application qui fait fureur cet été. Impossible d’y échapper, plus d’un milliard d'utilisateurs, dont des stars d’Hollywood comme Jennifer Lopez, Mariah Carey, Jane Fonda…et cette famille en Malaisie qui se déhanche sur le tube islandais de l’Eurovision 2020. Ça donne sacrément envie de danser…

La recette de TikTok, c’est des clips de moins de 60 secondes, de la musique, des chorégraphies, des parodies de scènes de cinéma... Et au fil du temps, et des usages, des messages plus politiques aussi. Des jeunes qui s’engagent, notamment après la mort de l’américain Georges Floyd. Black Lives Matter - ''les vies noires comptent'' - hashtag vu plus de 10 milliards de fois sur l’application. TikTok, ce n’est plus juste un divertissement. La maison mère, ByteDance, a de très grandes ambitions. Une précision : ByteDance, le nom est anglais, l’entreprise ne l’est pas. C’est un géant de la tech chinoise. Le premier à réussir en dehors de son marché domestique, nous explique la consultante Anna Zyw Melo, chercheuse à l’Asia Center : "C'est la première fois qu'une application qui vraiment s'adresse à un public non chinois et que ça marche. TikTok a été développé par ByteDance pour justement aller à l'international. Je pense qu'il va y avoir de plus en plus d'applications qui vont assayer de se lancer."

La tech chinoise est à la conquête du monde et cela inquiète. Tiktok est bloquée en Inde, au nom de la sécurité nationale et c’est désormais Donald Trump qui menace de bannir l’application, soupçonnée d'espionnage pour le compte du gouvernement chinois. TikTok s’en défend, en faisant valoir qu’elle est dirigée, justement, par un PDG américain, Kevin Mayer. L’entreprise doit aussi se défendre sur un autre front, celui de la censure des contenus hostiles à la Chine. Comme par exemple certains hashtags ou vidéos partagés par des manifestants et activistes à Hong Kong. La tech chinoise est-elle au service de Pékin ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que partout s’expriment des craintes sur les ingérences étrangères, dans les élections par exemple. On se souvient de l’enquête sur le rôle supposé de la Russie pour faire élire Donald Trump en 2016. En novembre prochain, c’est encore plus à l’Est que les regards seront tournés.

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