Pourquoi les Orientaux servent-ils le thé en le versant de très haut ?

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Copié dans le presse-papier !

Vous avez admiré leur dextérité au restaurant de couscous, en voyageant en Afrique du Nord ou au Liban, ou dans votre canapé, devant des publicités plus ou moins folkloriques !

Les Arabes servent le thé à la menthe en le faisant couler parfois d’un mètre au-dessus du verre. Avec une adresse folle. Comme moi, je suppose que vous n’avez courageusement jamais osé en faire autant, de peur de mettre plus de thé à côté du verre qu’à l’intérieur, et au passage d’ébouillanter les parties sensibles des convives.

Ne me demandez pas lesquelles : toutes les parties sont sensibles quand on s’ébouillante...

Pourquoi cette prise de risque ? Est-ce une question d’esthétique ? De religion ?

Pas du tout. 

Et si c’était simplement pour refroidir le thé ?  Non plus. Il y aurait beaucoup d’autres moyens moins risqués, dangereux (touiller avec une cuiller, souffler dessus changer de récipient, etc.) En fait, c’est une question de digestion.

Pour faire du thé, il faut des feuilles et de l’eau bouillante. Jusque là je ne vous apprends rien. Or, à force d’être chauffée, l’eau perd son oxygène. Et, sans oxygène dissout, une boisson peut devenir indigeste pour l’estomac, surtout si on en boit beaucoup, et qu’elle est un peu acide à la base. A moins que l’on fasse couler le thé de très haut dans le verre.

Dans sa chute, puis à son arrivée dans la tasse, le thé brasse de l’air et il en emprisonne en quelque sorte

Ainsi il se ré-oxygène. On le voit quand le verre est transparent : cela produit des bulles dans le verre. Comme dans un aquarium aux alentours de la pompe à air. C’est exactement la même raison qui poussait nos grand-mères à battre le lait du biberon. J’y pense : il parait que le lait dans le thé, c’est indigeste. 

Jusqu’à preuve du contraire...