Pourquoi la jardinière de légumes a-t-elle si mauvaise réputation?

Légumes,  jardinière : ces mots évoquent la campagne le printemps et la fraîcheur. Et  pourtant, "jardinière de légumes" évoque la cantine et les mauvaises boites de conserve.

Tout est parti d'une chanson signée Oldelaf : 

"La jardinière de légumes

C'est un peu décevant quand même

Quand on nous la sert qu'elle fume

Tout le monde a de la peine "

L'auteur chanteur compositeur Oldelaf ajoute : "Pourtant
les carottes c'est bon, les petits pois passent quand tu as un rhume. Dans la
jardinière, là non, c'est du cadavre de légumes
." Et il y a même un
Pourquoi dans sa chanson : "Je ne comprends pas pourquoi des gens prennent
sur leur temps pour en cuisiner quelquefois. Ils sont certainement méchants
."
J'ai rencontré Oldelaf et il a explicité : "Oui, je me demande pourquoi et
aussi comment, on peut faire un plat aussi, hum, dégueulasse (on peut employer
le mot) avec des aliments qui pris indépendamment les uns des autres, sont
aussi bons
."

Il faut bien reconnaître que son interrogation tombe sous le
sens. Alors j'ai posé la question au spécialiste culinaire de France Info :
Laurent Mariotte, qui tient sur notre antenne la chronique "A toutes saveurs".
Question simple : Pourquoi la jardinière est-elle un plat qui ne fait pas rêver
(c'est un euphémisme) alors que, pris séparément, tous ces éléments sont
excellents ?  Comment cela se cuisine ? Laurent Mariotte explique que "pour
réussir une jardinière, il faut cuire les légumes séparément. C'est comme la
Macédoine. Si on cuit tout ensemble et qu'on met par exemple du navet, alors
tous les légumes auront le goût de navet. Deuxième précaution : il faut cuire
les légumes de façon à ce qu'ils soient al dente, entre le croquant et le
fondant. Le reproche principal qu'on peut faire à la  jardinière de
légumes, c'est que tout est un petit peu trop cuit, ça part en charpie,
ça devient une espèce de purée, les goûts se communiquent aux autres, et
là effectivement ça n'a plus de sens
".

Autrement dit, ce n'est pas la jardinière de légumes qui est
mauvaise en soi, c'est l'utilisation (je n'ose pas appeler ça une recette) qui
est faite autour du nom. On pourrait dire la même chose des raviolis, autrefois
fleuron de la gastronomie italienne désormais bouillie informe servie à la
louche à la cantine. Et je ne parle pas des lasagnes de bœuf à la viande de
cheval. Même pas un hennissement.    

Jusqu'à preuve du contraire. 

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