Les Informés. Les affaires Ferrand "occultent les débats de fond"

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Richard Ferrand le Ministre de la Cohésion des territoires, ne quittera pas le gouvernement, malgré les affaires révélées par la presse. Les Informés de franceinfo ont analysé cette déclaration du Premier ministre, mardi soir. 

Affaire Ferrand : quelles conséquences politiques ? 

Le Ministre de la Cohésion des territoires, l'ancien député socialiste Richard Ferrand, est au coeur de plusieurs polémiques, depuis un premier article du Canard Enchaîné, daté du mercredi 24 mai, suivi des révélations du Monde, une semaine plus tard.

Emploi de son fils à l'Assemblée, montage immobilier impliquant sa femme, possible conflit d'intérêt avec les mutuelles... plusieurs affaires ont été révélées, sans qu'elles ne l'inquiètent. Le Premier ministre Édouard Philippe l'a défendu mardi 30 mai sur le plateau du journal de 20h de France 2 : Richard Ferrand doit rester au gouvernement.

Au moment où l'affaire Ferrand deviendra une affaire Macron, il sera temps de se séparer de son ministre.

Brigitte Boucher, journaliste à LCP

à franceinfo

"Ça tombe mal parce que depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron avait fait un sans-faute" a estimé Brigitte Boucher, journaliste politique sur la chaîne LCP. "Dès qu'Emmanuel Macron sera éclaboussé, la question se posera d'un départ de Richard Ferrand du gouvernement". 

En attendant, ces affaires "occultent le débat de fond" des élections législatives... et parasitent les réformes du Président de la République. Pour Brigitte Boucher, "la première conséquence, c'est que le projet de loi de moralisation de la vie publique est décalé d'une semaine. Ça veut dire qu'on ne va pas parler non plus du fond du premier projet de loi que l'on attend du gouvernement." 

Et impossible de compter sur l'opposition pour recentrer le débat politique, selon Jérôme Ripoull, communicant : "Il n'y a pas de débat de fond. Qui fait des propositions ? Ce n'est pas Mélenchon, ce n'est pas Baroin. Les Républicains ont abandonné leur programme" a-t-il regretté.  

Corse : la "préférence régionale à l'emploi" divise 

Jean-Guy Talamoni, le président indépendantiste de l'assemblée de Corse, a décidé de faire adopter "la préférence régionale à l'emploi", une charte qui donne la priorité à l'embauche aux résidents locaux. "C'est totalement discriminatoire, c'est inconstitutionnel, et il se place en dehors de la République" a dénoncé Brigitte Boucher. 

Judith Waintraub, journaliste politique au Figaro, a fait remarquer qu'il était "cohérent avec son programme, qui était un programme nationaliste, contraire au droit." 

C'est un repli identitaire. Ce sont des petits pas, mais des pas très très sûrs, vers un détachement de la Corse.

Jérôme Ripoull, communicant

à franceinfo

Christophe Alix, chef du service Futurs de Libération, a refusé la comparaison dressée avec la Réunion ou la Nouvelle-Calédonie : "La situation, les réalités économiques locales sont quand même différentes." "Il y a 60% de chômage à La Réunion, 11% en Corse." a complété Jérôme Ripoull.