La gauche a-t-elle "capitulé" ?

En ce moment, toute la gauche se pose la question : faut-il continuer la même politique ou faut-il changer de cap ? Le journaliste Laurent Mauduit publie un livre à charge, "L'étrange capitulation". Il reproche à François Hollande de ne pas agir assez. Il débat avec le député PS Thierry Mandon.

Sur l'emploi, sur la rigueur budgétaire ou sur le contrôle de la finance, la
gauche s'interroge sur l'orientation à suivre. Même au gouvernement, des
ministres font entendre leur différence. C'est le cas d'Arnaud Montebourg, de
Cécile Duflot et de Benoît Hamon. Ils ne critiquent pas directement les choix
de François Hollande mais souhaitent de gros changements en Europe, et donc en
France. Hier, le président de la République les a rappelés à l'ordre.

Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart, publie L'étrange
capitulation
, chez Jean-Claude Gawsewitch
. Pour lui, la gauche a capitulé. "Le
titre est violent, et il est en résonnance avec le livre de l'historien Marc
Bloch, L'étrange défaite, (écrit en 1940, après la défaite de l'armée française).
Les socialistes ont appliqué une politique strictement opposée à ce pour quoi
beaucoup de Français ont voté pour François Hollande.
"

"L'analogie est violente et probablement en partie injuste ",
estime Thierry Mandon, député de l'Essonne, porte-parole du groupe socialiste à
l'Assemblée nationale.
"Cette fois on n'a pas pu mais ce n'est pas parce
que l'on n'a pas voulu et ce n'est pas parce que l'on n'a pas prévenu. Il
suffisait d'écouter François Hollande pendant la campagne pour se rendre compte
que le contexte a radicalement changé et qu'il y une compétition mondiale qui n'existait
pas à la période qu'a étudiée Laurent Mauduit. Ce contexte différent
explique une partie du comportement de la gauche aujourd'hui.
" Le député de l'Essonne insiste sur l'ampleur de la crise : "On n'a plus de sous ".

Laurent Mauduit donne plusieurs exemples. Sur la politique fiscale ou sur le dossier Florange, il dénonce l'attitude de François Hollande. Thierry Mandon lui répond : "Il est évident que dès que la croissance reviendra on aura beaucoup plus de marge pour redistribuer et pour réformer. "

Vous êtes à nouveau en ligne