Egypte : "Le risque de guerre civile n'est pas absent" (Bernard Rougier)

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En Égypte, c'est encore le flou total ce mardi matin. Le président par intérim annonce que de nouvelles élections législatives auront lieu au plus tard début 2014. Mais dans la rue, les affrontements continuent. Lundi, l'armée a tiré à balles réelles. Au Caire, au moins 50 personnes ont péri. La plupart d'entre elles soutenaient les Frères musulmans et le président déchu, Mohamed Morsi.

En Égypte, le bras de fer se poursuit entre partisans et
adversaires du président déchu, Mohamed Morsi
. Depuis le renversement du chef
de l'Etat, les deux camps s'affrontent. A quelques heures du début du ramadan,
période de jeun et d'application des préceptes de l'islam, la mobilisation ne
faiblit pas.

"Les militants des Frères musulmans sont engagés dans
une stratégie de la tension. C'est le triptyque provocation, répression
solidarité
", explique Bernard Rougier, spécialiste de l'Égypte, directeur
du CEDEJ, un centre d'études installé au Caire. "L'objectif est d'essayer de retrouver les solidarités à l'origine de la révolution de 2011 et donc de
diviser le mouvement du 30 juin, les grandes manifestations anti-Morsi.
"

Les partisans de Mohamed Morsi paraissent déterminés. "C'est
une stratégie de tension extrêmement dangereuse car l'armée est un symbole d'unité
nationale, une ligne rouge. Ils gardent cette ambivalence : ils demandent
des manifestations pacifiques et en même temps jouent la provocation. La
question est de savoir jusqu'où ils pourront aller sans faire basculer le pays
dans la guerre civile.
"