Aïssa Lacheb : "Scènes de la vie carcérale"

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Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, a publié un rapport dans lequel il dissèque les paradoxes des politiques et les dogmes carcéraux. Selon lui, les prisons doivent être améliorées pour les détenus mais aussi pour l'ensemble de la société.

Aïssa Lacheb a passé dix ans en prison pour braquage. Il a
été libéré il y a une quinzaine d'années et revient sur son parcours dans Scènes de la vie carcérale , publié Au diable Vauvert.

Présentation de l'éditeur : Treize ans après le Plaidoyer
pour les justes
, Aïssa Lacheb revient enfin sur cette période de sa vie pour
raconter ces histoires, ces destins croisés dans la dureté de la prison.

Treize années, c'est le temps qu'il lui aura fallu pour pouvoir raconter ce
qu'il y a derrière les murs, et nous livrer son expérience de la réclusion et
de la détention.C'est le quotidien de ces hommes, leurs histoires, leurs
crimes et leurs sentiments, leur folie, leur désespoir, mais aussi les fous
rires, les amitiés nouées et l'amour pour les livres et la littérature.

J'écris la taule en la nommant une. J'ai fait le tour de la
France carcérale. La prison, c'est le même principe partout :
l'enfermement par des murs concrets de pierre et de béton. Inutile de préciser
où cela se passait. C'était la taule, simplement. Ici, ailleurs, n'importe... Le
temps n'a aucune importance. Aucune unité ni de temps ni de lieu dans ce qui
m'est revenu en mémoire et que je relate ici.

Le tour de la France carcérale

"Il
n'y a pas de mieux, pas de pire. La prison c'est la prison. Je ne suis pas sûr
que si on devait raser les Baumettes d'aujourd'hui pour construire une prison
aseptisée, selon les normes actuelles, je ne suis pas convaincu que tous les
détenus accepteraient d'y aller.
"

"Propre ne veut pas dire déshumanisé. On déshumanise la prison en mettant une distance entre les gardiens et les détenus, en appelant les gens au micro, en mettant des caméras partout. "

La réinsertion

La prison lui a servi à s'enrichir culturellement, mais il
se considère comme l'exception qui confirme la règle. "On y laisse les
gens végéter dans l'oisiveté. Il y en a qui font des efforts pour s'en sortir
en essayant d'étudier, mais c'est très difficile pour eux.
"

S'il admet que certaines personnes ont réussi une bonne réinsertion, il explique que c'est très difficile car les moyens n'y sont pas.