Le naufragé volontaire ne compte pas les jours

Le Robinson du web est toujours sur son île déserte. Gauthier Toulemonde vient d'entamer sa quatrième semaine de télétravail, quelque part en Indonésie. Patron d'une société d'édition et rédacteur en chef d'un magazine de philatélie, il arrive à gérer ses affaires malgré la distance.

Signe que les choses ne se
passent pas si mal, Gauthier Toulemonde ne compte pas trop les jours. Il faut
dire que ses journées sont bien remplies. La logistique lui prend beaucoup de
temps. Pour se nourrir, il doit pêcher et attraper un poisson peut lui prendre
cinq ou six heures. C'est vrai que le Robinson ne mange pas vraiment à sa faim.
Il a perdu une bonne dizaine de kilos. Il lui faut entretenir le camp, le
nettoyer régulièrement de toutes les petites bêtes qui l'envahissent, des rats
qui menacent de ronger les câbles électriques, sécher le matériel qui prend
l'humidité. Il doit gérer les batteries solaires qui ne se rechargent pas
correctement lorsque les journées de pluies s'enchainent. Et quand il a fini
tout cela, il commence sa journée de travail à distance. Ses collègues en
France n'ont pas changé leurs horaires pour être en phase avec leur patron.

Il y a des jours où tout cela ne
marche pas très bien. Pendant les deux premières semaines, Gauthier Toulemonde
s'est souvent demandé pourquoi il s'était embarqué dans cette galère. Et puis,
au fil du temps, il a commencé à prendre ses repères, mieux prévoir la météo.
Au bout de quatre semaines, Gauthier Toulemonde vit en réalité un peu hors du
temps. Il se laisse vivre au rythme du soleil...

"Le rythme de la
nature, de toute façon, je n'ai pas le choix. Lorsqu'il y a des gros orages,
des gros intempéries, et que je dois rester sous une tente pendant une journée
et une nuit complète, on fait avec. Au niveau du travail, oui je continue à
travailler on peut dire normalement, mais dans un cadre qui est vraiment
exceptionnel. Par exemple, là maintenant, en vous parlant, pour avoir la
connexion satellitaire, j'ai quasiment les pieds dans l'eau. Là, j'en suis à
même pas un mètre... Donc, tout est
vraiment fonction de la nature, d'un environnement qui est vraiment
extraordinaire qui fait rêver même si dans un paradis insulaire, juste à côté, il y
a l'enfer certains jours"

Relié à la
civilisation par des moyens satellitaires et l'internet, quand ça marche,
Gauthier Toulemonde arrive quand même à se tenir informé de ce qui se passe
dans le monde, il n'est pas complètement déphasé et nous le retrouverons dans
une quinzaine de jours à la fin de son expérience de Robinson du web.

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