Islande : l'île inachevée

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L'Islande est un pays inachevé. Les Islandais ont l'habitude de dire que leur pays n'en est qu'au cinquième jour de sa création. Et c'est vrai qu'à l'échelle géologique, l'île est jeune. A quelques encablures au sud, l'île de Surtsey date même du milieu des années 60. Née d'une irruption volcanique, elle est aujourd'hui le domaine réservé des scientifiques qui y étudient l'évolution de la vie animale et végétale.

L'Islande,
Bernadette Gilbertas et Olivier Grunewald connaissent bien. Ils s'y rendent
régulièrement depuis une quinzaine d'années. Leur dernier album appelé tout
simplement, sobrement "Islande" est édité chez La Martinière.

Ce qui est
frappant en feuilletant ces splendides photos, c'est qu'on a l'impression d'être
sur une île déserte. Les couleurs, les paysages sont éblouissants, surprenants.
Parfois, ils évoquent des œuvres d'art abstraites. Mais on n'y voit aucune
présence humaine. Il faut dire que l'Islande compte à peine trois habitants au
kilomètre carré.

Descendants
des Vikings, les Islandais ont longtemps tourné le dos à la mer, d'abord
"terriens", ils sont devenus pêcheurs sur le tard, à partir du XIXème
siècle seulement. Avant la crise économique de 2008, le pays était au deuxième
rang des pays les plus développés au monde. Depuis, le pays est au bord de la
faillite, obligé de nationaliser ses banques pour éviter l'effondrement du
système financier. Mais aujourd'hui, les Islandais sont déterminés à résister
aux investisseurs  internationaux et se
reprendre en main.

Comme le
souligne Bernadette Gilbertas, les Islandais ont le caractère pour entrer en
résistance. Les femmes ont d'ailleurs montré l'exemple au milieu des années 70
quand elles ont revendiqué l'équité entre les hommes et les femmes….

"Elles ont été poussées par un parti féministe qui
s'appelait les Chaussettes Rouges et ce parti a exhorté, très tranquillement
d'ailleurs, les femmes à quitter leur travail, leur maris, leur maison, leurs
enfants, pour quelques heures je vous rassure, où les femmes sont allées
demander l'autorisation à leurs patrons de quitter leur emplois à l'usine,  dans les pêcheries, dans les écoles. C'est à
peu près 90% de la population féminine islandaise qui, ce jour-là, s'est
rassemblée non seulement à Reykjavik mais dans les villages. Et ce qui s'est
passé a été immédiat. A peu près la moitié de l'économie islandaise s'est
retrouvée à l'arrêt ce jour-là."

Bernadette
Gilbertas donne la parole à des Islandais. Un écrivain, un pêcheur, des
fermiers, une ancienne présidente de la République, un guide des glaciers… Ils
témoignent des liens qui les unissent à leur terre. Une terre de légende, et
pas seulement pour les Elfes et les Trolls.

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