Un million de migrants traversent la Méditerranée chaque année ?

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D'après Nicolas Dupont-Aignan, le leader de Debout la France, "nous sommes à un rythme d’un million de migrants par an qui traversent la Méditerranée". C'est faux.

Faux.

En 2014, selon des chiffres de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) 219.000 migrants ont traversé la Méditerranée, soit 4,5 fois moins que ce que dit Nicolas Dupont-Aignan. Ils arrivent principalement en Italie.

 

Cette année, les côtes européennes pourraient accueillir encore plus de migrants, puisque début juin, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies a annoncé pour 2015 le chiffre de 103.000 personnes.

 

La Méditerranée est pourtant le passage le plus meurtrier du monde. En 2014, au niveau mondial, plus de 75% des migrants sont morts en Méditerranée, ce qui représente 3.500 personnes selon l'Organisation internationale pour les migrations sur les mouvements de migration dans le monde. Elle a fait des calculs sur plusieurs années : en 15 ans, 22.000 migrants sont morts en tentant de traverser cette mer.

Force spéciale européenne

Selon Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières, la "route" vers l'Italie et Malte est surtout empruntée par des Syriens et des Erythréens. Il y a aussi des Irakiens et des Afghans. Ils fuient leur pays en guerre ou dirigés par des dictateurs et sont donc souvent des demandeurs d'asile, et non des migrants qu'on appelle "économique".

 

Ces migrations massives créent des tensions au sein de l'Union européenne. Il y a une semaine, les ministres européens des Affaires étrangères ont lancé une mission de lutte contre les passeurs, "UE Navfor Med". Dans les prochains jours, il y aura surtout un travail de récolte d'informations. La Navfor tentera ensuite de détruire les embarcations utilisées par les passeurs.

 

Cette mission est composée de cinq navires de guerre, deux sous-marins, deux avions, deux drones et trois hélicoptères. La zone d'action sera limitée pour l'instant. Pour pénétrer les eaux territoriales libyennes, il faut l'autorisation de l'ONU.