Philippe Poutou dit-il vrai sur l'évasion fiscale des riches ?

Le porte-parole du NPA affirme que "les riches mettent de coté 600 milliards d'euros dans les paradis fiscaux. C'est 80 milliards de pertes pour la fiscalité" française. Vrai ou faux ? Réponse ici.

Faux

De toute évidence, pour avancer son chiffre, Philippe Poutou se base sur le livre du journaliste Antoine Peillon, "Ces 600 milliards qui manquent à la France" sorti en 2012.
Sauf que ces 600 milliards d'euros dissimulés à l'étranger se divisent en deux parties.   
La première partie (plus de la moitié de cette énorme somme) est le fait des sociétés et des grands groupes. La seconde partie (environ 260 milliards) est le fait des particuliers, ces hyper riches, auxquels Philippe Poutou fait allusion. 260 milliards détenus par des personnes très riches à l'étranger, ce n'est pas 600 milliards.

Manque à gagner fiscal  

Ensuite, Philippe Poutou estime qu'en s'évadant de France, ces fameux 600 milliards, coûtent 80 milliards au fisc français. Ce chiffre est plausible, d'après Gabriel Zucman, spécialiste des paradis fiscaux et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.
Reste qu'une fourchette inférieure est plus souvent citée, celle des 40-50 milliards. C'est le point de vue d'Antoine Peillon et également aussi celui de la commission d'enquête du Sénat qui a rendu ses conclusions l'été dernier après six mois de travail.

Récupérer l'argent

Alors, cet argent qui manque, comme pourrait-il arriver dans les caisses du fisc ? Gabriel Zucman explique qu'il "faudrait imposer un échange automatique d'informations bancaires entre les établissements financiers situés dans les paradis fiscaux, les banques suisses par exemple, et l'administration fiscale française. Donc chaque année, de la même façon que les banques françaises envoient à l'administration fiscale française toutes les informations dont elles disposent, il faudrait qu'il en aille de même pour les banques situées en Suisse, qu'automatiquement elles envoient la liste de leurs client français et le détail des revenus qu'il ont touché pendant l'année".

Vous êtes à nouveau en ligne