Les Français dépensent plus pour l'énergie que pour l'alimentaire ?

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D'après Nicolas Hulot, ambassadeur pour le climat et l’environnement de François Hollande, "dans les ménages des Français, le budget énergétique a supplanté le budget alimentaire".

Faux. 

D'après les derniers chiffres de l'Insee, les dépenses d'énergie (logement et carburant) représentent un peu plus de 8% du budget des Français, soit environ 2.300 euros par an et par ménage. C'est beaucoup moins que les 4.200 euros de dépense annuelle moyenne pour les produits alimentaires (hors alcool), soit en moyenne 14% du budget moyen des Français.

{% embed infogram evolution_budgets_alimentationenergie" style="color:#acacac;text-decoration:none;"> | Create infographics %} Les produits alimentaires restent d'ailleurs le premier poste de dépenses chez les Français devant les transports et le logement. L'énergie arrive ensuite, à un niveau équivalent au budget de la culture et des loisirs, d'après l'enquête Budget de famille 2006. 

(Les dépenses des ménages en 2006 par postes budgétaires © Insee, enquête Budget de famille 2006)
De fait, malgré les récentes hausses de prix des matières premières, les dépenses énergétiques des Français sont relativement stables depuis 1985. "Cette stabilité est le résultat d’évolutions structurelles contradictoires : globalement, l’amélioration des performances énergétiques des logements et des véhicules, conjuguée au développement de modes de chauffage moins coûteux, semble avoir compensé l’étalement urbain et l’augmentation de la surface moyenne des logements ", analyse une étude de l'Insee publiée en 2010.

 

(Evolution de l'effort énergétique des ménages © Insee, 2010)

Par contre, comme l'affirme également Nicolas Hulot dans son interview à BFMTV, le nombre de ménages confrontés à la "précarité énergétique" est de plus en plus élevé. Un peu plus de six millions de Français consacrent plus de 10% de leur budget pour se chauffer et faire le plein de leur voiture. 

L'écart se creuse entre riches et pauvres

Sans surprise, les foyers modestes et ruraux sont les plus touchés par cette précarité et l'écart avec les familles aisées et urbaines à tendance à se creuser depuis une trentaine d'années.

"Les 20 % des ménages les plus pauvres consacrent 9,6 % de leur budget à l’énergie, contre seulement 7,0 % pour les 20 % des ménages les plus aisés ", précisait l'Insee en 2010. Une différence qui s'explique en grande partie par l'accès à des logements mieux isolés et des voitures plus performantes dans les centre-villes et les ménages aisés.

Sources

Les dépenses d'énergie des ménages depuis 20 ans, Insee 2010

Enquête Budget de famille 2011, Insee septembre 2014

Rapport de l'Observatoire national de la précarité énergétique, septembre 2014

Loin des pôles urbains, chauffage et carburant pèsent fortement dans le budget, Insee janvier 2015

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