Le vrai du faux. Oui, la hausse du prix des carburants est en majorité liée au cours du pétrole

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Antoine Krempf passe au crible un fait repéré dans les médias et sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, le député LREM Jean-François Cesarini et le prix des carburants.

Qui est responsable du prix élevé des carburants ? Pour le député LREM Jean-François Cesarini, invité de franceinfo mardi matin, le principal coupable n'est pas vraiment la politique fiscale du gouvernement. "Evidemment, il faut entendre ce que disent nos concitoyens, disait-il. On sait que le prix du carburant, c'est deux tiers la hausse du baril et un tiers les taxes qu'on peut y mettre à l'intérieur." La déclaration du député LREM du Vaucluse peut prêter à confusion. Est-ce qu'il parle de ce qui compose le prix d'un litre de gazole ou de sans-plomb ? Ou bien, est-ce qu'il parle de la hausse récente des prix du carburant, et si oui, à partir de quelle période ? Regardons ces deux questions.

Les taxes représentent la grande majorité du prix au litre... 

Le prix d'un litre de de gazole ou de sans-plomb est fixé en fonction de plusieurs éléments : les taxes, le cours du brut, le taux de change dollar-euro ou encore le niveau des marges de raffinage et de distribution des carburants. 

La semaine dernière, d'après les chiffres du gouvernement, le litre de gazole affichait en moyenne à 1,52 euro à la pompe et 1,55 euro pour le sans-plomb 95. Sur ce total, les taxes représentent 61% du prix pour le super et 58% pour le diesel. En clair : la grande majorité de ce que l'on débourse lorsque l'on fait le plein de son véhicule correspond à des taxes. 

... mais ne sont pas les premières responsables de la hausse de ces derniers mois

Sur un an, entre octobre 2017 et septembre 2018, le SP95 a augmenté d'un peu plus de 20 centimes d'euros le litre et un tiers de cette augmentation est effectivement liée à la hausse des taxes. Pour le diesel, c'est une augmentation de 30 centimes d'euros le litre depuis la mi-octobre 2017, et 40% est directement liée aux taxes. La hausse de ces dernières en janvier dernier n'expliquent donc pas l'essentiel des augmentations des prix du carburant sur les douze derniers mois.

La principale explication viennent effectivement de la hausse du prix du baril... et au taux de change dollar-euro qui n'est pas favorable à l'importation. L'évolution des marges de raffinage et distribution sont également à souligner puisqu'elles représentent le sixième de l'augmentation du prix au litre.

Jean-François Cesarini n'a donc pas tort. Mais ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera pas forcément demain et encore moins dans trois mois. Parce qu'en l'occurrence les cours du brut fluctuent énormément, et ils sont à la baisse en ce moment, alors que les taxes vont continer d'augmenter : +6,5 centimes le litre de diesel et +2,9 pour l'essence au 1er janvier prochain.

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