Le vrai du faux. Non, la notion "d'offre d'emploi raisonnable" n'est pas inconnue

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Pendant les fêtes, Gérald Roux passe au crible des faits repérés dans les médias et les réseaux sociaux. Vendredi, retour sur la notion "d'offre d'emploi raisonnable" mise en cause par le député Front national Gilbert Collard. 

Dans la foulée du débat sur d'éventuels contrôles accrus des chômeurs, notamment ceux qui refuseraient des "offres d'emploi raisonnable", voilà ce qu'a déclaré le député Front national Gilbert Collard, interrogé sur LCI : "C'est quoi ces réformes aujourd'hui ? Un chômeur qui refuse deux emplois raisonnables, sans qu'on sache exactement ce qui se cache derrière la définition du 'raisonnable'..."

C'est faux. On sait aujourd'hui ce que signifie la notion "d'emploi raisonnable", qui peut apparaître comme nébuleuse à certains. Il suffit d'aller sur le site de Pôle emploi pour le vérifier. Il y a plusieurs critères : le nombre de mois de chômage, le type d'emploi recherché et l'éloignement de l'emploi du domicile.

Une notion qui évolue avec la durée de chômage

Dans les trois mois qui suivent l'inscription au chômage, l'offre d'emploi raisonnable doit s'inscrire dans le projet professionnel du demandeur, c'est-à-dire l'emploi qu'il recherche. La rémunération doit être au moins la même que le salaire antérieur et l'emploi doit être situé dans une zone géographique définie lors du projet de recherche d'emploi.

Quand on passe la barre des trois mois de chômage, ça change. L'offre d'emploi raisonnable n'est plus obligatoirement une offre compatible avec le projet professionnel du chômeur. Elle doit juste correspondre aux qualifications du chômeur. Par ailleurs, la rémunération doit représenter au moins 95% du salaire antérieur sur la zone de recherche du chômeur.

Moins de 2h/jour de transport reste "raisonnable"

Cela change encore au fur et à mesure que le temps s'écoule. Après six mois, l'offre d'emploi raisonnable peut être payée à hauteur de 85% minimum du salaire antérieur. Puis, apparaît la notion de temps de transport : l'offre est considérée comme "raisonnable" si le temps de trajet domicile/travail est inférieur à une heure en transport en commun, pareil pour le trajet retour. Donc, en dessous de deux heures par jour dans les transports en commun, c'est raisonnable. L'offre est valable aussi si le travail est situé à moins de 30 km de chez le chômeur.  

Après un an de chômage, Pôle emploi considère que l'offre est raisonnable si elle correspond au moins au revenu de remplacement que touche le chômeur, en clair son indemnité chômage, environ 70% du dernier salaire brut. Le chômeur peut aussi refuser un emploi à temps partiel quand il recherche un plein temps, si le salaire est moins élevé que ceux pratiqués normalement dans la région et dans la profession concernée ou encore si le job proposé implique de travailler le dimanche.

En résumé. Contrairement à ce qu'affirme le député Gilbert Collard, la notion d'emploi raisonnable est très clairement définie par Pôle emploi. Elle reprend un ensemble de critères autour du projet professionnel, de la rémunération ainsi que la zone géographique. Au fur et à mesure des mois, ces critères deviennent plus flexibles pour inciter le chômeur à retrouver un emploi. 

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