Le vrai du faux. Méfiez-vous des photos d'articles de presse sur les réseaux sociaux

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Antoine Krempf passe au crible des déclarations repérées dans les médias et les réseaux sociaux. Lundi, deux articles de presse détournés de leur contexte ont trompé de nombreux internautes.  

Méfiez vous des images d'articles de presse partagées sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, deux captures d'écran d'articles de presse sont en train de tromper beaucoup de monde sur Twitter et Facebook. En voici deux exemples. 

La première histoire concerne un verbatim, une citation attribuée au sénateur Front national de Marseille Stéphane Ravier. Elle a été publiée comme ceci dans le journal La Provence : "Le viol, finalement, c'est un rapport amoureux qu'une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort." Cette déclaration, évidemment insupportable, ressort dans le sillage du scandale Harvey Weinstein et du phénomène #balancetonporc.

Sur twitter, une reprise d\'une déclaration , hors contexte, d\'un élu FN de Marseille (capture d\'écran)
Sur twitter, une reprise d'une déclaration , hors contexte, d'un élu FN de Marseille (capture d'écran) (CAPTURE D'ÉCRAN TWITTER)

Sauf que cette histoire date de 2013. Stéphane Ravier, alors candidat à la mairie de Marseille, est l'invité de Thierry Ardisson sur Canal+ et on parle insécurité. A la question, "ne faut-il pas légaliser le cannabis ?" Stéphane Ravier répond : "Et pourquoi ne pas légaliser le viol aussi ?". Il poursuit avec sa déclaration sur "le rapport amoureux...", ajoutant : "Si je suis votre raisonnement, c'est la même chose. On pourrait légaliser le viol, et aussi le vol de voiture." 

En voulant caricaturer l'idée de la légalisation du cannabis pour lutter contre le trafic, Stéphane Ravier s'essaye à l'absurde en évoquant le viol et le vol de voiture. Tout cela tombe complètement à plat.

C'est plus que maladroit, mais on ne pas dire pour autant que l'élu frontiste qualifie le viol de rapport amoureux.

Et toujours à la rubrique "Ça ne peut pas être un fake puisque c'est un article de presse", regardons de près le grand retour en ce moment d'une fausse histoire sur Anne Hidalgo. Là encore, elle est appuyée par une capture d'écran d'un article largement partagé ces dernières semaines sur Twitter et Facebook. La maire de Paris, Anne Hidalgo, se fait soi-disant retirer son permis de conduire pour un dépassement de vitesse de plus de 50 km/h sur le périphérique dans la nuit de samedi à dimanche, il y a dix jours. Une vitesse de 121 km/h au lieu du 70 autorisé. Le tout est accompagné de commentaires acerbes. Sur cette photo, on ne dispose d'aucune indication. On ne sait pas de quel journal elle provient, on ne connaît pas non plus la date. De quoi donc effectivement tromper du monde.  

C'est faux. Cette histoire vient du journal Le Parisien, qui avait publié cet article sur l'excès de vitesse de la maire de Paris, le 1er avril 2015, date annuelle des blagues en tout genre. C'est bien un poisson d'avril du Parisien, qui lui a totalement glissé des mains puisque deux ans plus tard, des centaines de personnes continuent à y croire.

Pour résumer, encore une fois, une photo sans contexte publiée sur les réseaux sociaux n'est pas une preuve, même si elle montre un soi-disant article de presse.